Organisé du 10 au 12 décembre 2003 sous le patronage des Nations Unies à l'initiative de l'UIT (Union internationale des télécommunications : une agence de l'ONU), le SMSI de Genève a adopté deux textes de politique générale: la déclaration de principes et le plan d'action. Voici les principales dispositions.
La société du savoir, tout comme celle de l'information n'est pas une question technique ou même informatique mais il s'agit d'une évolution globale qui doit avoir un effet de levier sur tous les secteurs de la société. C'est en tout cas ce que laissent clairement entendre les articles 1 et 2 de la Déclaration de principes adoptée à l'issue du Sommet de Genève. Pour les artisans de cette déclaration, l'accès à la société du savoir ne peut se faire que dans le contexte général d'une renaissance nationale et d'un développement global.
L'accent est ensuite mis sur le respect des droits de l'homme et des libertés fondamentales. En particulier, l'importance de la liberté d'expression est soulignée par la déclaration de principes.
La déclaration évoque également les inégalités qui traversent la société de l'information mondiale et contre lesquelles il est nécessaire de lutter. Celles-ci sont de plusieurs types. Tout d'abord, il est évident que les technologies de l'information ne sont pas réparties de manière équitable entre pays développés et pays en développement. De manière similaire, même là où les technologies sont disponibles, toutes les couches de la population n'y ont pas nécessairement un accès égal. Ainsi les pauvres et les groupes sociaux marginalisés ont-ils un accès plus limité aux TIC que les autres. Par-delà la préoccupation de justice sociale, pointe également l'idée que les TIC peuvent permettre aux plus défavorisés de surmonter leurs handicaps sociaux.
La Déclaration de principes, loin de se cantonner dans la sphère des proclamations, a aussi défini plusieurs actions concrètes. Tout d'abord, il faut définir le rôle des différents acteurs de la société de l'information en favorisant la corégulation. Les pays du Sud avaient préféré confier la régulation aux Nations Unies, sauf que c'est la solution préconisée par les Etats-Unis et l'Europe qui a été retenue. Cependant, son accès universel à l'infrastructure est évidemment essentiel pour profiter des bénéfices de la société de l'information. De même qu'il ne sert à rien d'avoir une infrastructure sans qu'il y ait d'informations disponibles à véhiculer à travers ce média.
Du coup, les moyens de glaner l'information se doivent d'être plus accessibles, notamment les logiciels qui gagneraient à être moins chers. A ce propos, la Déclaration de principes met sur un même pied d'égalité logiciels propriétaires et logiciels à code source ouvert, alors que ces derniers sont plus propices à une personnalisation par l'utilisateur.
Le SMSI de Genève a également appelé au renforcement des capacités d'accession, d'analyse et de compréhension des informations (alphabétisation) et à la lutte
Contre la cybercriminalité et l'intégration des NTIC dans la vie quotidienne des usagers. Le plan d'action répond en écho, mais à la grande différence d'apporter des solutions concrètes tant pour la coopération internationale, la cybercriminalité, la vulgarisation des NTIC etc.
Place des médias dans le SMSI
Sous leurs diverses formes et quel qu'en soit le mode de propriété, les médias contribuent à la liberté d'expression et au pluralisme de l'information. Dans son plan d'action, le SMSI a appelé à encourager l'élaboration de législations nationales garantissant l'indépendance et le pluralisme des médias et à nouer des partenariats pour la création de réseaux avec des homologues du Sud et plus particulièrement dans le domaine de la formation. Ce plan ambitionne également de réduire les déséquilibres entre nations dans le domaine des médias, en tirant pleinement parti à cet égard des NTIC et la préservation et l'utilisation des médias traditionnels pour réduire la fracture du savoir et faciliter les flux de contenus. |