Le choix de la Tunisie pour abriter la seconde phase du Sommet mondial sur la société de l'information (SMSI) n'est pas fortuit. Il s'agit d'un choix bien fondé et largement justifié. La Tunisie a décidé de s'intégrer dans le nouvel ordre économique mondial et de s'adapter aux mutations technologiques, en créant un environnement propice à la maîtrise de l'information et de la communication.
Le pays qui doit accueillir le second Sommet mondial sur la société de l'information (SMSI) peut à lui seul faire un cas d'école en matière de développement des nouvelles technologies.
La Tunisie s'est dotée d'une infrastructure moderne offrant des services de qualité en matière de télécommunications. Ces services sont assurés via trois types de canaux.
Le réseau entièrement numérisé de téléphonie fixe compte plus de 1,5 million d'abonnés en 2003, selon Tunisie Telecom qui cherche à atteindre 2 millions de lignes à la fin de 2004. Le taux de couverture est ainsi de 15 %, ce qui est similaire aux standards africains.
Le réseau de téléphonie mobile cellulaire numérique (GSM) a déjà dépassé, quant à lui, en 2002 les 500.000 lignes offrant un service de roaming avec 48 pays et 81 opérateurs. Un réseau de télécommunications internationales via des systèmes de communication par satellite desservant l'Afrique, l'Europe, le Moyen-Orient, l'Amérique et l'Asie du Sud Est.
Pour ce qui est de l'Internet, la Tunisie dispose de 9 fournisseurs d'accès Internet avec une bande passante de 41,5 Mb/s. Fortement encouragée par le gouvernement, l'utilisation des nouvelles technologies est ancrée dans les mœurs des citoyens. L'administration, elle aussi, s'est essayée avec beaucoup de succès à l'Internet et propose plusieurs procédures à distance et de multiples informations.
En 2003, l'Agence tunisienne de l'Internet a estimé le nombre des internautes à 708 000 pour une population de seulement 10 millions d'habitants environ, soit un taux de raccordement de 7,1%. Du coup, la Tunisie se place en tête des pays arabes et africains.Une avance qu'elle pourrait bien garder, avec le lancement de l'arrivée annoncée du ADSL light et de l'accès à l'Internet par satellite.
En termes d'occupation de la toile, et sur les 2.000 sites arabes recensés par un annuaire, les portails tunisiens viennent avec 6,3% en quatrième place derrière l'Egypte, le Liban et l'Arabie Saoudite.
Au niveau des entreprises, la langue arabe est peu utilisée dans la mesure où les sites Internet sont orientés vers les marchés européens où le français et l'anglais sont très répandus.
En matière de téléphonie, la Tunisie dispose d'un réseau téléphonique entièrement numérisé depuis 1999 et en croissance constante. Le nombre des abonnés au fixe a atteint en 2002, 1,2 million d'abonnés. Le réseau tunisien est, en outre, réalisé en câbles à fibre optique et couvre l'ensemble du pays, sous forme de boucles SDH articulées autour de commutateurs multiservices de dernière génération. Ce réseau est également servi par deux passerelles avec les réseaux internationaux, de liaisons sous-marines et de liaisons spatiales. Il est à signaler que la Tunisie a adhéré aux grands projets régionaux de télécommunications (ARABSAT, ORASCOM, THURAYA, etc.).
Depuis l'imposition de la nouvelle économie, les dirigeants tunisiens ont décidé de s'intégrer dans le nouvel ordre économique et de s'adapter à la nouvelle vague sous le signe de laquelle sera placé le troisième millénaire.
Loin d'être un simple objectif à atteindre, le gouvernement tunisien a adopté plusieurs stratégies visant à intensifier l'usage des nouvelles technologies dans les différents secteurs. C'est le cas, entre autres, du lancement du programme de " l'ordinateur familial ", de la connexion des établissements d'enseignement et de recherche à Internet, de la création “des centres publics d'internet”(200 actuellement), de l'adoption d'une politique zéro papier par plusieurs grandes entreprises tunisiennes et la promotion du commerce électronique depuis 1999. A ce propos, la Tunisie fait figure de pionnière puisqu'elle a mis en place une plate-forme de paiement électronique sécurisé en mai 2000, permettant ainsi aux commerçants et aux internautes de procéder à des opérations de paiement (Visa, Master card ou e-dinar).
Loin de penser avoir tout fait, les responsables tunisiens entendent profiter des opportunités offertes par les nouvelles technologies (notamment dans le secteur des centres d'appels) et accompagner les mutations profondes et rapides que connaît le secteur des télécommunications.
Pour une solidarité agissante
Fort de la réussite du Fonds de solidarité nationale (FSN), plus connu sous l'appellation "26-26", la Tunisie a voulu étendre ce concept à une échelle internationale.
Lancé en 1996, le FSN vise à aider les zones les plus défavorisées; il émane de certaines taxes délimitées par la loi. Le FSN est aussi habilité à recueillir des dons des citoyens ou des entreprises publiques ou privées. Il a couvert toute la période 1993-2001 et a profité à 1.150 zones où vivent 216.597 familles pour une enveloppe budgétaire de 546.75 millions de dinars tunisiens.
Le succès du FSN a été cité en exemple dans plusieurs sommets internationaux comme celui de Copenhague en 1995 et par plusieurs organisations onusiennes.
Devant un tel accueil, le président tunisien, Zine El Abidine Ben Ali a lancé, en octobre 1999 à Tunis, l'idée d'un Fonds mondial de solidarité pour lutter contre la pauvreté dans le monde. Le FMS se fixe pour ambition d'intervenir dans " les régions les plus démunies en diverses parties du monde, et tout particulièrement dans les pays les plus pauvres ", a déclaré à l'époque le président tunisien.
Le 10 décembre 2000, l'Assemblée générale des Nations Unies adopte la proposition du Président Ben Ali appelant à la Création d'un Fonds mondial de solidarité.
Depuis décembre 2002, l'Assemblée générale revient à la charge en adoptant une résolution appelant à la création immédiate de ce Fonds et à son entrée en action. C'est le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) qui a été chargé de sa mise en œuvre. Ce fonds est un outil de taille pour atteindre les objectifs du Sommet du millénaire, visant à réduire de moitié la proportion de pauvres dans le monde à l'horizon 2015. |