Foot : réactions trop démesurées à un ratage : Le départ qui fâche
Habib Adil
03 Avril 2009
Un communiqué qui sort de l’ordinaire. S’il s’était limité à annoncer la date de la prochaine AG de la FRMF, personne n’aurait trouvé à y redire. Mais il va beaucoup plus loin en annonçant l’intention du président de la Fédération de tourner le dos à un sport pour lequel il a tant donné.
Cette même équipe que l’on disait démotivée, disloquée et à qui on attribuait d’irrémédiables tensions au lendemain de cette défaite surprise contre le Gabon, a vite fait de retrouver le punch, le plaisir de jouer et la rage de vaincre contre l’Angola qu’elle a allégrement battu, mardi, à Lisbonne. Elle a prouvé à l’occasion, que l’effectif n’est pas aussi indigent que certains voulaient le faire croire. Les mêmes critiqueurs qui avaient vite fait de l’enterrer, n’hésiteraient pas à rétorquer qu’il s’agissait seulement d’un match amical, alors que contre le Gabon, c’était du sérieux. Certes, le ratage lors de ce match comptant dans le cadre des éliminatoires combinées Mondial et CAN a porté un lourd préjudice au Onze national et, par là même, au football marocain, après tous les efforts déployés et cette volonté manifestée par toutes les composantes réunies. Mais est-ce une raison pour perdre complètement la raison au point de demander toutes les têtes, à commencer par celle de l’entraîneur ou des joueurs, voire celle de tout le bureau fédéral ?
C’est faire preuve d’une inconstance affligeante et d’un amateurisme attristant que de chercher à sortir complètement un match de son contexte ou de chercher à extrapoler jusqu’à la divagation la plus totale.
Et pour se représenter celui disputé contre le Gabon, il ne serait peut-être pas inutile de rappeler que le staff et l’équipe voués aujourd’hui aux gémonies, sont ceux qui avaient été portés aux nues à l’issue d’un Maroc/Tchéquie époustouflant et surtout porteur d’espoir. Face au Gabon, les choses auraient parfaitement pu se passer autrement avec toutes ces occasions que l’on s’était créées, avec ces deux balles qui ont eu la mauvaise idée d’aller s’écraser respectivement contre le poteau et contre la transversale, toutes deux œuvres de El Hamdaoui auteur, par ailleurs, de l’unique but marocain et qui, contrairement à bien d’autres de ses coéquipiers, a su rester fringant et omniprésent. Mais on ne peut ne pas regretter le petit profil d’une défense faible dans son axe central. Et c’est bien de là que sont venus les problèmes qui ont fait le plus mal et qu’une très bonne occupation adverse du terrain est venue compliquer. Et comme cela arrive un peu partout, assez fréquemment ces derniers temps, aux Bleus avec toutes leurs stars réunies et à Raymond Domenech, leur entraîneur, contre le Gabon, il y a eu bien des joueurs qui n’ont pas été dans le coup et, Roger Lemerre, pour sa part, se sera fait piéger, ce soir là, par Alain Giresse.
Doit-on arriver à tout chambouler pour repartir à zéro comme on l’a souvent fait ? Ce serait tout simplement insensé. Que dire alors, quand le changement prend des relents de séisme.
Le fait qu’il y ait eu ce fameux communiqué annonciateur de la tenue prochaine de l’Assemblée générale de la FRMF aurait été banal, s’il n’y avait pas cette information qui annonçait que le président Hosni Benslimane ne se représenterait pas. On ne doit surtout pas y voir quelque rapport de cause à effet avec cette défaite contre le Gabon, sinon ce serait trop malheureux, mais toujours est-il que ce départ annoncé du président a laissé pantois plus d’un. A commencer par les dirigeants qui lui reconnaissent un apport inestimable pour le football national, malgré toutes les embûches qui collent, comme par fatalité, à celui-ci.