Autopalpation, équilibre alimentaire, activités sportives, …certaines techniques permettent d’éviter le pire. Diagnostiqué à temps, la guérison d’un cancer de sein est possible.
Rajaâ Aghzadi, présidente de l’association «Cœur de femmes»
À chaque séance de présentation des activités de l’association marocaine «Cœur de femmes» par sa présidente Rajaâ Aghzadi, c’est un trop plein d’émotion qui envahit l’audience. Le 12 juin dernier, le Lion’s Club Amitié de Casablanca a réuni des acteurs de la société civile et scientifique pour une conférence qui s’articulait autour du cancer du sein au Maroc, des dysfonctionnements érectiles et leurs conséquences sociologiques. De tels sujets ne laissent personne indifférent. En effet, la présentation du professeur Aghzadi, résumant brièvement sa longue expérience, notamment dans le milieu hospitalier, a consisté en un exposé étayé de chiffres éloquents et de photographies non moins poignantes. D’abord côté chiffres. Trois millions de femmes de plus de 40 ans sont atteintes du cancer du sein. Il est à noter qu’entre 12.000 et 15.000 cas se présentent annuellement. L’âge des malades varie de 20 à 78 ans. Après que la maladie se soit déclarée, la patiente met près de deux années avant de consulter un spécialiste. Les photographies les plus choquantes, sont essentiellement celles de ces femmes que la peur a paralysé, malgré l’apparence purulente de leurs seins.
« Au Maroc, la maladie arrive plus tôt que dans les pays développés, à un âge très jeune », un constat lourd de conséquences.
L’exposante a souligné les facteurs qui favoriseraient cette courbe ascendante. Elle a dressé quelques éléments aidant à élaborer un certain profil des personnes présentant des cas de cancer. Tout d’abord, l’alimentation riche en graisse qui favorise l’obésité est pointée du doigt. La consommation de tabac y contribue également. « Deux tiers de ces femmes ont souffert de chocs affectifs », souligne le Professeur. En effet, le stresse cumulé à des traumatismes psychologiques encourage le dérèglement hormonal. Toutefois, les causes de la maladie ne sont pas encore déterminées. En revanche, certains facteurs peuvent être considérés comme des présomptions intéressantes à suivre. C’est ainsi que la prise anarchique de contraceptifs est suspecte notamment en milieu rural. La Marocaine par nature est pudique. Elle refoule la peur de la maladie et ignore son corps. L’autopalpation, par exemple est indispensable pour suivre l’évolution de son corps. Parler avec d’autres de ses craintes permet de soulever un certain nombre de tabous. C’est ainsi que la soirée organisée par le Lion’s club Amitié de Casablanca financera, entre autre, la mise en place d’un centre d’écoute.