Les initiatives Emploi se mettent en place : Du concret contre la carotte et le bâton
B.M
29 Mai 2006
C’est parti pour entrer en vigueur dès juin prochain, ainsi en a décidé le gouvernement lors de son Conseil de la semaine écoulée : les Initiatives Emploi entrent en action d’urgence pour apporter une bouffée d’oxygène au calvaire des diplômés chômeurs. Il était temps de passer aux actes car les bastonnades sont devenues banales dans les artères de la capitale, l’entêtement des diplômés s’acharnant à provoquer les pouvoirs publics qui alternaient jusqu’ici la carotte et le bâton.
Mustapha Mansouri, ministre de l’Emploi et de la Formation professionnelle
On ne peut qu’être déçu du spectacle lamentable de ces «rodéos» urbains faisant les choux gras de badauds jouant faussement la mine désabusée.
Ces accrochages sont devenus une monnaie d’échange pour prendre les pouvoirs publics en otage des caprices de chômeurs cherchant à dicter, au doigt et à l’œil, leur conduite aux gouvernants. Ces derniers, qui, pourtant, font des pieds et des mains à trouver des solutions en urgence, ne sont guère aidés dans leur délicate mission ni par les partis politiques d’opposition qui font de cette «aubaine» un registre de commerce électoral, ni surtout des syndicats qui, pour continuer d’exister, ont intérêt à ce que le mécontentement perdure. A ce jeu-là, toutes les chances risquent d’être gâchées alors que des voies et moyens sont en passe d’être dégagés. Enfin, après le lancement des premières assises nationales de l’Emploi, il y a quelques mois, le concret entre en lice pour terrasser, à la fois, la carotte et le bâton.
Le ministre Mustapha Mansouri vient d’engager le gouvernement sur la voie de la création, pendant la période 2006-2008, de 105 000 nouveaux emplois au bénéfice de l’insertion professionnelle des demandeurs étrennant leur parcours professionnel. En outre, cette même période verra la création de 30 000 entreprises dans le cadre du programme national «Moukaoualati» mobilisant les jeunes porteurs de projets appuyés par l’effort d’investissement jusqu’à hauteur de 250 000 DH consenti par l’Etat. A ces mesures viennent s’ajouter celles traduisant la mise en œuvre du programme «Taahil» visant l’amélioration de l’employabilité assurée par les «Contrats progrès» entérinés entre l’Etat et l’ANAPEC.
Face à cette bonne volonté de faire avancer les choses, force est de constater que les exigences des diplômés, mal encadrés par les partis et mal conseillés par les syndicats, ne peuvent que compliquer davantage une situation qui, en fin de compte, peut être résolument mise sur la voie d’une solution structurelle et durable. A cela, s’ajoutent les opportunités d’embauche suscitées par des investissements nationaux et étrangers en net regain de croissance ouvrant de réelles perspectives pour entreprendre une carrière dans le secteur privé. Hélas, c’est sur ce chapitre que les diplômés chômeurs se montrent intraitables, à tort, car ils exigent d’être embauchés dans les secteurs publics. Ces mêmes secteurs qui viennent de se voir « délestés » de leurs excès d’effectifs suite aux départs volontaires censés, à leur tour, générer de nouvelles opportunités d’emploi et de création d’activités génératrices de richesses. Et toutes les menaces et intimidations criant au suicide collectif ou à la demande d’asile social à l’étranger ne sauront remplacer la salutaire sagesse et l’indispensable sérénité d’un dialogue constructif et « gagnant-gagnant ». En tout cas, et le Premier ministre est en passe de remplir ses promesses, l’actuelle législature ne s’achèvera pas sans qu’un début de solution collective ne soit trouvé au calvaire des diplômés chômeurs. Avec l’entrée en vigueur des premières et vigoureuses mesures issues des Initiatives Emploi, Driss Jettou a prouvé que les engagements du gouvernement, c’est non seulement du sérieux en béton, mais aussi et surtout du concret qui remplace la carotte et le bâton. A nos diplômés de saisir cette nouvelle chance au vol avant que ne pourrisse une situation ne profitant qu’aux adversaires du Maroc.