N°286 - 21 Octobre 2002
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N°286 - 21 Octobre 2002
 



 

 




Le Maroc reste à l’écoute...

Mar Bassine Ndiaye
21 Octobre 2002

Les Européens divisés

Les Européens ne savent plus où donner de la tête en ce qui concerne le dossier de la pêche. Les différends avec le Maroc sont pour le moment mis en veilleuse, le temps
de régler les incompréhensions au sein de l’Union.
Le Maroc suit avec intérêt le débat d’après un expert de la direction des pêches maritimes.

Un expert français commentait dans le quotidien français Le Monde du 17 octobre dernier que «la commission européenne tente de diviser pour régner». C’était à l’issue du Conseil des ministres européens qui examinait le projet de réforme de la pêche destinée à préserver la ressource halieutique de l’Union.
En effet, selon cet expert, l’objectif de Bruxelles est de créer une rupture au sein de ce qui est communément appelé «le groupe des amis de la pêche». Constitué de la France, l’Espagne, la Grèce, le Portugal, l’Italie et l’Irlande, ce groupe estime que les conséquences sociales du démantèlement d’une partie de la flotte, proposé par Bruxelles, risquent d’être trop lourdes. Toujours selon le quotidien français, la perte d’emplois serait de l’ordre de 28.000 sur quatre ans.
Pour casser cette résistance, Fischler a, semble-t-il, proposé que le démantèlement ne s’applique pas aux bateaux de moins de 12 mètres. Avec cette nouvelle possibilité, l’Italie et la Grèce, avec une flotte de près de 80% constituée de ce type d’embarcations, seraient épargnées. Du coup, elles pourront être favorables à l’idée de Fischler qui fera ainsi passer sa réforme. Trois pays du groupe des amis de la pêche, à savoir la France, l’Espagne et le Portugal, ont, quant à eux, fait savoir leur opposition.
Cette situation intéresse à plus d’un titre le Maroc. Cependant, la délégation de l’Union européenne au Maroc n’a pas voulu commenter les conséquences sur les relations avec le Maroc dans le domaine de la pêche.
«Cependant, les autorités marocaines suivent avec intérêt un tel débat», commente cet expert de la Direction des pêches maritimes qui préfère garder l’anonymat. Quelles sont ces répercussions sur le Maroc ? Le même spécialiste affirme que l’une des premières conséquences est la nécessité pour l’Union européenne de se tourner vers les ressources d’autres pays pour satisfaire les besoins de son marché. C’est dire que le pouvoir de négociation du Royaume face à l’Union européenne peut s’accroître. Toujours selon lui, le Maroc a d’ailleurs un pas en avance sur l’Union européenne. En effet, dès 1992, «il a procédé au gel des investissements dans le domaine de l’extraction, alors que tous les autres ministères voulaient les favoriser dans leur secteur». En 2001, d’autres mesures viendront renforcer cette disposition, notamment avec l’introduction du total autorisé de capture (TAC).
Si la réforme de Fischler est adoptée, il y a également une seconde conséquence sur la pêche marocaine. Les opérateurs marocains auront l’opportunité d’acquérir des embarcations auprès de leurs homologues européens. Mais ceci ne se fera pas à tous les coups, «puisqu’un dahir sur la dérogation d’âge exige une certaine sélectivité», explique le même expert. Le Maroc ne risque donc pas d’être un dépotoir pour de vieilles embarcations. Cette loi interdit, en effet, l’acquisition d’embarcations dont l’âge dépasse quatre ans.


 

 

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