N°562 - 01 Février 2008
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N°562 - 01 Février 2008
 



 

 




FINANCES ET ACTIVISME BUDGÉTAIRE : La recette Mezouar

Youssef Chmirou
01 Février 2008

D’après Salah-Eddine Mezouar, ministre de l’Économie et des finances, l’activisme budgétaire est censé maintenir et renforcer l’équilibre économique.
Depuis sa prise de fonction à la tête du ministère de l’Économie et des finances Salah-Eddine Mezouar, s’est montré très optimiste. Pour lui, l’économie marocaine se porte bien et ce qui se profile à l’horizon est encore plus prometteur.

D’après les dernières déclarations de l’Argentier de l’Etat, l’économie marocaine maintient le cap sans rougir et ce, grâce à une thérapeutique saine parce que des acquis importants viennent renforcer l’actif du pays. D’après une enquête menée par Bank Al Maghrib en décembre 2007, une hausse de 4 points par rapport au mois précédent a concerné la production industrielle à l’exception du secteur agroalimentaire. 55% des entreprises, base de l’enquête, ont déclaré que le climat général du business durant le quatrième trimestre 2007 est bon. Cette tendance haussière a concerné le taux d’utilisation des capacités de production qui se situe autour de 77%. Ce taux a été plus important dans certains secteurs :
Il est de 81% dans l’industrie chimique et para chimique, de 76% dans les industries du textile et du cuir et de 69% dans les industries mécaniques et métallurgiques.
Il est vrai qu’il faut faire amende honorable aux divers secteurs hors agriculture, dans le sens qu’ils ont assuré une forte croissance. Il est à noter aussi, que l’inflation en 2007 a été maîtrisée à 2.3% contre 3.3% et ce, grâce aux produits asiatiques et l’intervention de la caisse de compensation.
Quant aux investissements directs étrangés, ils ont marqué le pas pour un montant de 31.3 milliards de Dh en 2007.
Comment donc maintenir ce trend haussier ?
Salah-Eddine Mezouar a déclaré qu’un effort considérable devrait être consenti afin de renforcer la communauté internationale, quant à la compétitivité du pays. De ce fait, la loi de finance 2008 a été élaborée de sorte à assurer la continuité de cette hausse dans le temps et dans l’espace. Pour ce faire, quelle est la politique de Salah eddine Mezouar ?
En saisissant l’occasion de la cérémonie de remise du prix de l’économiste, l’Argentier de l’Etat dévoile la plus importante variable de la politique générale à laquelle il attribue le plus fort coefficient pour maintenir et renforcer l’équilibre économique. Pour lui, la continuité de la progression économique ne peut être livrée aux stabilisateurs automatiques.
Généralement, en période favorable, l’activisme budgétaire connaît un recul et l’Etat laisse jouer les stabilisateurs automatiques.
Cependant, le ministre de l’économie et des Finances semble repenser l’activisme budgétaire pour rompre avec les temps où le Maroc peut être classé dans la catégorie des pays qui ont un faible activisme budgétaire.
Après avoir été de 0.1 entre 1980 et 1990 et de 0.2 entre 1996 et 2003, la sensibilité du solde budgétaire à la conjoncture économique peut être rehaussée avec la loi de Finance de 2008.

Activisme budgétaire

Mais l’activisme budgétaire de Salah- Eddine Mezouar n’est autre que l’asymétrie de la politique budgétaire qui signifie une réaction plus forte de celle-ci en phase de basse conjoncture.
En tablant sur un degré d’activisme budgétaire important permettant d’agir sur les variables de la croissance, la mise en place d’une veille stratégique coordonnée par la connaissance et la maîtrise des besoins de l’économie s’avère nécessaire. Pour ce faire, le gouvernement accordera plus d’intérêt aux secteurs productifs et accompagnera l’activité économique par la poursuite des chantiers initiés dans les domaines des ports, des aéroports, des réseaux de transports terrestre et ferroviaire et des structures d’accueil pour les investissements industriels et touristiques. Ainsi les investissements publics s’intensifieront pour qu’ils atteignent 106 milliards de Dh en 2008 dont 36.07 au titre du budget de l’Etat.
Dans le même sens, de renforcer et d’élargir le tissu entrepreneurial, la loi de Finance laisse les investisseurs à leur gré en terme de déclaration fiscale, comme elle leur promet une exonération pour une période déterminée à partir de la date de déclaration.
Cette même loi considérée sous sa dimension fiscale, parait plus clémente avec la baisse de l’IS de 35% à 30% pour renforcer l’existant.
Quand au capital humain, l’Argentier de l’Etat a la forte conviction que les ressources humaines ne peuvent qu’imprégner les structures ayant comme objectif principal la performance intensifiée et l’évolution continue. Le temps où la main d’œuvre moins chère est considérée comme un avantage comparatif et un facteur de compétitivité, est révolu. Le tissu entrepreneurial est censé être plus compétitif. Donc les pouvoirs publics sont appelés à faire preuve du courage politique en matière de refonte de l’enseignement et de la formation surtout que certains secteurs connaissent un manque flagrant de main d’œuvre qualifiée.
Certes, l’année 2008 semble pleine de promesses, mais le défi que doit mener le gouvernement marocain n’est nullement facile, surtout qu’un rapport publié au mois de juin 2007 à l’occasion du Forum économique mondial a souligné que plusieurs facteurs posent des difficultés aux entrepreneurs marocains.
80% des entités économiques marocaines ont rencontré des obstacles sérieux en matière de financement, 60% d’entreprise ont été bloquées pour leurs investissements par la lourdeur des taxes, et plus de 40% d’entre eux ont rencontré des difficultés pour l’acquisition des terrains. Il est vrai que 100 millions de Dh sont destinés à l’appui des PME marocaines. Mais à qui cela profite ?
Sans aucun doute, le plan de Salah-Eddine Mezouar, considéré sous son angle d’activisme budgétaire est ambitieux, mais le meilleur maître de la prospective économique, c’est le temps.


 

 

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