N°471 - 08 Mai 2006
Accueil | Contact | Abonnement | Pub | Archives

 
DIGEST
Refonte de 2M : Pour une Direction de l’Information performante
Maroc-Libye à « ciel ouvert » : Buraq Air dessert le Maroc
Comité stratégique INDH : 2,5 milliards de DH de crédits pour l’année 2006
Gaz naturel liquéfié : La Samir baignera bientôt dans le gaz
Fondation Maréchal Mohamed Mezian : Un magnifique Musée dédié au Rif
Hôpital militaire de Marrakech
Nezha Chekrouni : De l’intelligence, du cœur et de l’esprit 10/10
Indexation des prix : Une inflation galopante 0/10
Sahara marocain : Ben Bella favorable à l’autonomie
Abbas El Fassi et Abderrazak Afilal : Le clin d'œil
Élections 2007 : Des observateurs étrangers?
Internet haut débit : Maroc Telecom baisse ses tarifs ADSL
Attajatiwafa bank « conventionne » ses cadres : Izdihar 2010, une stratégie gagnante
Crise politique en Espagne sur fond de détenus Marocains : Le Parti populaire lance un pavé dans la mare
La Kangoo du 11 mars : La preuve matérielle de l’implication d’ETA
Maroc : Le style Oueld Errachid
Algérie/Tunisie : Médiation dans l’air
Libye : Fini le profil Hamad
Algérie/Tunisie : Médiation dans l’air
Egypte : Moubarak déprimé
Palestine : L’homme qui compte
Iran : Du pétrole aux pauvres
Les notes de la Gazette
MRE Challengers : Des trésors d’innovation 10/10
Commerce informel : Anarchie intégrale 0/10
Carnets politiques
Lamine Belarbi : Alger dans le flou
Noubir Amaoui, la tourmente
Code électoral : Les forts feront-ils la loi ?
NATION
Argent, affaires et politique : Quel profil pour la CGEM de demain ?
REBONDS
Clivages électoraux : Quels choix pour le PJD ?
Actualité
L’an I du développement humain : Les Initiatives locales (ILDH) en promotion
Scandale de l’Orphelinat de Aïn Chock : Les juges dans l’impasse
Comment le scandale de l’Orphelinat d’Ain Chock a éclaté ?
Les Unions arabes des sports et de football créent l’événement : Une World Cup inédite en 2009
Le directeur conservateur du parc naturel de l’Andalousie et acteur de la société civile espagnole, Antonio Pulido Pastor : « Le Maroc a beaucoup changé depuis l’avènement du Roi Mohammed VI »
Biodiversité des oasis au Maroc : Consacrer le droit au bien-être des populations
Pour ne pas oublier
Ali Yata : Un communiste musulman
En couverture
Interview exclusive de Maân Bachour, S.G. du Congrès nationaliste arabe : «Le Sahara fait partie du Maroc et nous ne soutiendrons aucun projet de séparation»
Réconciliation et Libération nationales : Le Congrès panarabe salue l’expérience marocaine
Le betisier de la semaine
La langue des parlementeurs !
Articles du numéro précédent



N°471 - 08 Mai 2006
 



 

 




Ali Yata : Un communiste musulman

Bahi Mohamed Ahmed
08 Mai 2006

Un demi siècle durant , le communisme et l’idéologie marxiste-léniniste au Maroc se sont identifiés au camarade Ali Yata. Dès les années 70, il fait tomber son mur de Berlin grâce à un pragmatisme fondé sur son concept de la «révolution nationale démocratique». Un précurseur qui a plaidé pour un socialisme inspiré de la réalité marocaine. Portrait.

Encore jeunes dans les années soixante, nous nous considérions déjà comme des intellectuels accomplis qui refusent de s’abaisser et de s’enfermer dans des considérations purement partisanes, alimentées par les différents politiques et idéologiques. En toute sincérité, nous avions beaucoup de sympathie pour ces militants de la première heure qui refusaient les postes honorifiques et se mettaient spontanément du côté de la classe ouvrière, en ces années marquées par tant d’assassinats, d’enlèvements et de scissions successives au sein de nos principales formations politiques.
En ces années de grandes turbulences, nous avions la profonde conviction que le leader révolutionnaire idéal pour le Maroc s’appelai bel et bien Ali Yata. Nous voyions en lui l’homme de principes qui a toujours su se placer au-dessus de la mêlée. La majorité écrasante des jeunes Marocains de cette époque penchaient vers les idées révolutionnaires, l’idéologie marxiste- léniniste et les idées socialo-communistes perçues comme l’unique alternative possible pour sortir le pays de son marasme et le peuple de ses souffrances.

Le PCM, un parti pionnier
C’est en 1943 que Ali Yata participe à la fondation du Parti Communiste marocain dont il deviendra, quelques années plus tard, le Secrétaire général, succédant à son fondateur et premier leader historique, Léon Soltane, décédé en 1945.
Dès cette époque, Ali Yata se lance dans une action politique tous azimuts.
Il s’appliquera, d’abord, à donner à ce parti un cachet purement marocain. Son souci était de marocaniser le parti communiste marocain (PCM) et surtout vulgariser ses idées et sa doctrine politique et philosophique, grâce au ralliement de centaines d’ouvriers, d’agriculteurs et d’intellectuels de tous les horizons.
Le Parti Communiste marocain n’était encore, en ces années quarante et cinquante, qu’une espèce de succursale d’un grand parti politique français. Une simple section relevant du parti communiste français (PCF) et les Marocains y étaient tout simplement interdits. En effet, pour reconnaître officiellement le PCM et lui accorder son récépissé, l’administration coloniale avait exigé qu’aucun Marocain, aucun arabe et aucun musulman ne devaient y adhérer. Et c’est ce qui explique, dans une large mesure, que les premiers membres de ce parti étaient essentiellement des Français, si ce n’est des juifs marocains.
Mais c’est Ali Yata qui allait finalement défier la résidence française en permettant à cette nouvelle structure de jouer un rôle déterminant dans la vie politique marocaine. C’est encore lui qui mettra en place les fondements juridiques et idéologiques du parti tout en s’efforçant de lui donner une dimension vraiment nationale.

Un parti d’authentiques résistants
Au mois d’Août 1946, Ali Yata parvient à prendre contact avec feu le Roi Mohammed V. Il fera devant le défunt Souverain un remarquable exposé sur la situation politique au Maroc et les perspectives de l’action qu’il importait de mener, en vue de respecter les droits les plus élémentaires des citoyens marocains. Une audience qui fera date et qui balisera le terrain devant le déclenchement de la résistance nationale, suite à l’exil du Roi militant que fut Mohammed V vers l’île de Madagascar. Moins de deux années après la présentation du manifeste de l’indépendance du 11 janvier 1944, Ali Yata déclare solennellement devant feu le Roi Mohammed V que : «Notre peuple s’oppose à toutes les formes d’exploitation et de soumission des citoyens par l’administration française». Il précisa, cependant, que «La victoire finale reste tributaire de l’unité des citoyens et surtout des forces politiques et progressistes qui venaient d’être créées dans notre pays » .
Une année plus tard, le libérateur de la Nation prononce son discours historique de Tanger en 1947 où il réclama non plus des réformes internes de la part de l’administration française, mais purement et simplement l’abrogation de l’acte du protectorat de 1912 et l’avènement de l’indépendance.
Et alors que Ali Yata était déclaré persona non grata et interdit d’entrer au Maroc, les militants communistes marocains se distinguaient déjà par des actions retentissantes dont les principaux acteurs s’appelaient, entre autres, Abdeslam Bourquia, Abdallah El Ayachi, Simon Lévy et autre Abraham Serfati.
Le PCM avait lancé une nouvelle organisation de la résistance : le Croissant noir qui allait mener la vie dure aux forces coloniales en milieu urbain, en particulier à Rabat, Casablanca, Fès et Marrakech et aussi dans le Maroc profond, à travers les montagnes, notamment au Moyen Atlas.

Yata, l’unioniste pragmatique
Depuis, Ali Yarta n’a jamais rien fait que de militer pour l’unification des forces progressistes et de la classe ouvrière marocaine. Fidèle à l’action syndicale unitaire au sein de l’Union Marocaine du Travail (UMT), il s’est toujours opposé à l’émergence de nouvelles structures syndicales susceptibles d’accentuer les divisions et les déchirements de la classe ouvrière. Après avoir lancé plusieurs publications militantes durant les années cinquante, notamment AL Watan et
Al Amal en langue française et dont la direction avait été confiée au Docteur El Hadi Messouak et à Edmond Amran El Maleh, il lance également Al Jamahir en langue arabe dont la direction avait été confiée à Abdallah Layachi et Simon Lévy. Abdeslam Bourquia lancera, de son côté, la revue Al Mabadia (les principes), une revue culturelle et idéologique pionnière.
Durant les premières années de l’indépendance, et même si le Parti Communiste marocain sera interdit par le gouvernement progressiste de Abdallah Ibrahim, Ali Yata lance plusieurs autres publications progressiste, notamment Al Moukafih et Al Kifah Al Watani, parallèlement à l’émergence du parti sous une nouvelle appellation : cette fois il s’appellera le Parti de la libération et du socialisme (PLS). Ce parti sera interdit à son tour vers la fin des années soixante et il aura fallu attendre 1974 pour que Ali Yata sort de la clandestinité sous le nom actuel du Parti du Progrès et du socialisme (PPS).
Dès les années 70 et dans la foulée de la Marche Verte pour la libération du Sahara, Ali Yata se distingue par son pragmatisme. À travers son nouveau quotidien Al Bayane, il lance son nouveau concept fondé de la révolution nationale démocratique. Celle qui devrait, selon lui, mener le Maroc vers la démocratie dans le pluralisme et le respect des principes les plus élémentaires des libertés individuelles et collectives. Déjà, il s’éloignait des idées socialistes traditionnelles importées de l’ex-URSS, s’intégrait à sa société musulmane et faisait tomber son mur de Berlin. Le communisme est déjà abandonné, le socialisme marocain sera inspiré de la réalité du pays ou il ne le sera pas.
Les militants du PPS doivent au camarade Ali Yata non seulement l’existence de leur parti, mais surtout son intégration en tant que partenaire incontournable de la Koutla et des forces nationalistes et progressistes.

Traduit de l’arabe par Omar El Anouari


 

 

La Gazette du Maroc
Sondage
Le Maroc en 2006 ?
Sur la bonne voie
Peu de changements
Le pays est en régression

 Tour des Habous 13ème
 Avenue des F.A.R - Casablanca
 Maroc
Tél.: + (212) 22 54 81 50 à 52
Fax : + (212) 22 31 80 94
E-mail : info@lagazettedumaroc.com
© 2002-2004 Tous droits réservés