N°412 - 21 Mars 2005
Accueil | Contact | Abonnement | Pub | Archives

 
DIGEST
Le Royaume comme exemple
Kadhafi le gênant
Un chahid suffit
Capitale latino-arabe
Israël/Côte d’Ivoire. Vente d’armes
Le général s’impose
Oukacha défend la deuxième chambre
Mohamed Karam et le 7ème congrès de l’Usfp
Mahjoub Ben Seddiq et l’épreuve du congrès
La lampe merveilleuse du Dr Khatib
Rassemblement devant le consulat d’Algérie à Montréal
Fathallah Sijilmassi impressionne
Rafa Zouheir peut changer la donne
Les notes de la Gazette
Consulat Général de Belgique à Casablanca Discrimination honteuse 0/10
Soutien du Maroc à l'Algérie Les sacrifices de la mémoire nationale 10/10
Professionnalisme Housni Benslimane met le paquet 10/10
Omar Bahraoui L'exemple de l'autocritique responsable 10/10
LE POINT
Rallumer la mémoire des deux peuples !
Le betisier de la semaine
Les suppliciés du Saint-Travail
Carnets politiques
Laïcité : vrai-faux débat ?
Les fantômes du public
L’UC: L’aggiornamento
NATION
Révision des procès du 16 mai pour une monarchie "Califale" ?
REBONDS
La presse, un enjeu politique ?
En couverture
“Je n’aurai pas un procès équitable en Espagne”
L’acte d’accusation cache des mystères
Justice
Abdellatif Laraki interdit de quitter le territoire français
Pas de liberté provisoire pour les prévenus
"La plupart des prévenus sont innocents"
MOYEN-ORIENT
Le provisoire qui tue
Fait divers
L’énigme du meurtre racontée par son frère
Actualité
La conception-Innovation, indigence du développement
Vie diplomatique
“Les Problèmes africains devraient être résolus par les Africains eux-mêmes”
Articles du numéro précédent



N°412 - 21 Mars 2005
 



 

 




L’énigme du meurtre racontée par son frère

ABDELHAK NAJIB
21 Mars 2005

Azzeddine Behhar, le Marocain tué à Paris dans des circonstances louches

Quelques négligences, des failles dans l’investigation, des menaces et des témoignages qui versent vers le piège et le crime crapuleux. Retour sur les dernières révélations dans une affaire très louche.

Azzeddine Behhar

Le 17 janvier 2005, LGM avait révélé les dessous de cette affaire jusque-là non-élucidée. La famille du défunt revendique la thèse du meurtre. En les personnes de son frère Abdelmajid et sa sœur Naïma qui ont tous les deux raconté le déroulement de toute cette affaire énigmatique qui semble prendre des tournures pour le moins très louches. Mais avant d’exposer les nouvelles directions de l’enquête rappelons les faits.
Un cadavre dans la cour
Abdelmajid Behhar nous explique que c’est ce matin du “22 décembre 2004 à 07h50, que le corps d’Azeddine Behhar gisait, inerte, les jambes et les bras écartés, face au ciel dans la cours Albert 1er, Paris 8ème”. Un traumatisme crânien serait la cause de sa mort. Aujourd’hui, on apprend que le médecin légiste a révélé que ce traumatisme crânien est “une fracture de 13 centimètres tout en assurant d’un autre côté qu’Azzeddine était en très bonne santé”.
La famille de la victime, de son côté, semble avoir reconnu le criminel qui a perpétré le crime. Le frère d’Azzeddine, Abdelmajid Behhar, affirme que sa femme Malika Erraji a des choses à dire pour comprendre ce qui s’était passé lors de ce fameux 22 décembre. D’autant plus que le frère du défunt souligne que son ex-belle sœur l’avait très mal pris lorsqu’elle a appris qu’il s’était rendu sur les lieux du crime pour récolter des informations auprès du gardien de l’immeuble : “Oui, Malika m’a menacé ouvertement si je ne laissais pas tomber mes recherches pour savoir ce qui s’était passé ce soir-là”. D’un autre côté, le frère nous apprend que pour les deux lieutenants français, Menger et Vigour, du commissariat Paris 8, rue du Faubourg Saint-Honoré, qui enquêtent sur l’affaire Azzedine Behhar, “la thèse du suicide est exclue”. Dans cette même optique, le gardien de l’immeuble a révélé qu’Azzeddine n’avait pas cassé le carreau de la porte de la cour puisqu’il savait, comme à l’accoutumée, qu’il suffisait de pousser la porte. On revient sur cet élément du carreau cassé parce que la police l’avait aussi pris en considération pensant à une bagarre où il y aurait eu du grabuge. Vérification faite quand la police s’était rendu le soir même à 21h30 après la dispute du défunt avec sa femme Malika, le carreau était déjà cassé. La suite nous vient du bistrot où Azzeddine avait ses habitudes. Ses amis disent qu’il était “très préoccupé et semblait pris dans des pensées très profondes. Il ruminait quelque chose. Il était très mal et n’avait quitté les lieux qu’à 22 heures passées”.
Dans le secret de qui ?
Azzeddine Behhar était chauffeur chez un homme d’affaires depuis quinze ans. C’est ce qu’on appelle un métier à hauts risques quand il s’agit de conduire des hommes considérés comme des cibles potentielles pour des vols, des braquages et autres kidnapping. Azzeddine savait dans quelle cour il jouait et assumait son travail avec beaucoup de responsabilité sans jamais avoir de problèmes. L’unique hic dans ce long fleuve tranquille, ce sont ses soucis qu’il avait eu quelques jours avant le drame. La peur, la crainte, presque une paranoïa bien contrôlée. Mais l’homme couvait quelque chose. Il savait qu’il était dans le collimateur de quelqu’un. Pourtant, même quand il s’en ouvre à ses proches, il ne dira jamais d’où venait ce danger. Marié, père d’un enfant aujourd’hui âgé de 12 ans, il voulait aussi protéger les siens. Peut-être que son silence était son unique arme de ne pas mêler ceux qu’il aimait à ce qui l’attendait.
Selon la famille, Azzeddine savait qu’il était menacé. Il avait appelé à maintes reprises sa sœur Naïma lui demandant de l’aide: “aide-moi ou je finirai dans un cercueil“. Il se savait menacé. Par qui ? Son frère, Hassan, a lui aussi confirmé les confessions de son frère: “ils m’ont tendu un piège” avait dit Azzeddine à quelques jours du drame. Qui avait tendu ce piège et pour quelles raisons? l’autre point qui pourrait surgir dans cette affaire, c’est les multiples connaissances que l’on pourrait se faire quand on connaît du monde aussi select que les fameuses personnalités du monde des affaires qu’Azzeddine transportait. Aurait-il été témoin de certaines choses à ne jamais révéler ?
Pour la famille Behhar, la police veut aussi, et curieusement, classer le dossier ans lui donner de suites. La déposition de la sœur, pourtant capitale, n’a pas été sollicitée. C’est pourtant à elle qu’il avait dit, dix jours avant sa mort “protégez-moi”. Dans un sens, pour éviter que cette affaire ne tombe dans la routine policière, c’est la famille Behhar qui joue au détective pour trouver d’autres indices à même de relancer des pistes pour élucider ce meurtre. D’un autre côté, malgré, le constat policier, l’ex-femme d’Azzeddine soutient qu’il s’agit là d’un suicide. Pourquoi en est-elle si sûre ? Lui en avait-il fait part, savait-elle qu’il voulait en finir avec la vie ? et quelle est sa position aujourd’hui vu que même la thèse de la chute ne tient plus la route. Puisque l’expertise scientifique a démontré que le corps gisait à gauche, que la fenêtre de l’appartement du défunt se situe à droite et que sauf miracle de la physique, aucune chute ne peut se faire en biais comme si le corps était tendu par un fil secret.
Comment est mort Azzeddine Behhar ? Qui l’a tué et pour quels motifs ? Ce sont les questions que les enquêteurs se posent devant un crime qui pourrait se révéler plus crapuleux qu’on en le pense.


 

 

La Gazette du Maroc
Sondage
Le Maroc en 2006 ?
Sur la bonne voie
Peu de changements
Le pays est en régression

 Tour des Habous 13ème
 Avenue des F.A.R - Casablanca
 Maroc
Tél.: + (212) 22 54 81 50 à 52
Fax : + (212) 22 31 80 94
E-mail : info@lagazettedumaroc.com
© 2002-2004 Tous droits réservés