N°566 - 29 Février 2008
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Loi anti-Terroriste : L’Etat veut durcir les mesures
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Terrorisme : Les soubassements de l’affaire Belliraj
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N°566 - 29 Février 2008
 



 

 




Terrorisme : Les soubassements de l’affaire Belliraj

Mohamed El Hamraoui
29 Février 2008

Trois jours après le démantèlement de la cellule Belliraj, les autorités ont annoncé vendredi dernier l’arrestation de plusieurs autres membres présumés de la cellule à Casablanca et Nador. Plus de 38 personnes ont été incarcérées.

Selon les premiers éléments de l’enquête, il est fort probable que d’autres personnes seront présentées à la BNPJ dans le cadre de cette affaire au cours des prochains jours. Plusieurs personnes portées disparues ont été signalées dans diverses villes, notamment à Sidi Slimane où le Secrétaire régional adjoint du parti de l’Istiqlal a été interpellé, il y a quelques jours, par des éléments en civil. À Casablanca, le frère d’un commissaire à la retraite a été arrêté également vendredi dernier. Le même jour, 760 cartouches et 25 détonateurs ont été trouvés dans une deuxième cache dans la ferme de Abdelali Chighanou. Dans la ville de Fès, les services de sécurité sont toujours à la recherche d’autres éléments appartenant à la cellule Belliraj. Le même dispositif sécuritaire renforcé a été observé dans les villes du Nord proches de Sebta et Mellilia. Les services de police travaillent en coordination avec la gendarmerie et la douane. Les voitures immatriculées à l’étranger sont automatiquement contrôlées. Selon une source bien informée, avant même l’annonce du démantèlement de la cellule Bellirag, les forces de l’ordre dans la région de Tanger ont saisi plus de 50 voitures immatriculées à l’étranger en situation irrégulière. Les services de sécurité soupçonnent les membres de la cellule d’utiliser ce genre de voitures pour faire passer des armes et des munitions, de fait qu’elles pourraient éventuellement être abandonnées à tout moment. Dans le même registre, jeudi dernier, les services régionaux des RG ont convoqué les responsables du parti Al Badil Alhadari dans leurs lieux de résidences. Ils leur ont fait savoir leur décision de fermer les locaux et de cesser toute activité politique au nom du parti dissout. Selon une source au sein de la direction d’Al Badil Alhadari, les membres du parti envisagent, en concertation avec le comité de soutien, de recourir à la justice pour trouver un cadre légal aux activités politiques des militants.
Lundi 25 février dernier, les avocats de la défense de Mustapha Moatassim, Amine Ragala, Mohamed Marwani, Abdelhafid Sriti, Hamid Najibi et El Abadla Maa el Aynaine ont eu l’autorisation de rencontrer leurs clients au siège de la BNPJ au Maârif à Casablanca. Selon un des avocats, la rencontre a duré de 13 à 16 heures. Contrairement à ce qui avait été publié dans la presse, aucun des six hommes n’a été hospitalisé suite à un malaise. Les avocats de la défense affirment que leurs clients sont en bonne santé. Secret de l’enquête oblige, aucun des avocats n’a daigné répondre à nos interrogations. Selon Khalid Soufiani : «personne n’a le droit de divulguer des informations qui risquent de violer le secret de l’instruction. La défense attend que les prévenus soient présentés devant le Parquet général pour avoir une copie des PV de la BNPJ...».
D’autre part, des investigations se portent sur le Conseil régional du Nord de l’Ordre des pharmaciens au Maroc, dont Elabadla Maa Alaynaine est membre. L’ordre des pharmaciens avait été la première délégation étrangère à porter secours aux victimes lors de l’agression israélienne au Liban l’année dernière. Une des accusations dont les dirigeants islamistes, mis en cause dans cette affaire ont été chargés, est d’entretenir des relations avec le Hezbollah libanais. Selon un membre proche de la Mouvance islamiste, les liens que les personnes interpellées nouaient avec le Hezbollah entrent dans le cadre du Conseil national panarabe que préside Khalid Soufiani et qui a son siège à Beyrouth. Cette organisation compte parmi ses membres Hassan Nasrallah et le parti chiite libanais El Amal. Vendredi dernier, un député libanais du Hezbollah, Hassan Haj Hassan, qui participait à un colloque à Casablanca, organisé par le PNUD, a rejeté toutes les allégations de présumés projets d’entraînement de la cellule Belliraj dans les camps du Hezbollah au Liban.
Dans le même registre, la DGSN, a entrepris, une semaine avant l’annonce officielle du démantèlement du réseau Belliraj, un mouvement de redéploiement au sein des responsables des services des Renseignements généraux dans les postes frontaliers de Bab Sebta, Fnideq, Ksar Sghir, Tanger et Tétouan. Des contrôles sévères des documents de voyage ont été constatés dernièrement. Dans ce cadre, un gendarme a été arrêté à l’aéroport de Casablanca. Il était impliqué dans un réseau de faux passeports. L’arrestation de deux personnes avec de faux passeports avait mis la puce à l’oreille des services de sécurité. L’enquête a révélé que le profil présenté par les deux passagers lors de leur interrogatoire, correspondait bien à un gendarme qui travaillait précédemment à l’Aéroport avant d’être muté à Témara. L’arrestation de Belliraj a conduit au fournisseur des faux papiers. Mohamed Arezki, employé de la fondation Hassan II pour les MRE en l’occurrence. Il récupérait les documents égarés et les recyclait. Les armes saisies, laissent supposer, selon une source proche du dossier, que la cellule projetait des attaques et des combats et non des opérations suicides ou d’attentats à la bombe. Trois pistes, sont actuellement privilégiées par les services de sécurité : la piste des trafiquants de l’Oriental qui auraient facilité le transit des armes, le circuit belge et d’éventuelles connexions avec la cellule Raha, condamnée en 2007 pour son lien avec le GSPC et enfin d’éventuels liens avec des groupuscules armés étrangers. Selon un responsable sécuritaire, le trafic des armes a toujours été étroitement lié aux trafiquants de drogue au Nord. En 1994, un réseau venu d’Europe, mené par Hassan Ighiri a été démantelé à Aknoul. Les membres de ce groupe, composé de Hassan Ighiri, Abdelwahed Najem, Said Hamaz (Algérien), Omar Chablal ( Algérien), Lhoucine Elmnoudden, Abdelkader Ben Jilali et Ali Hassan Kassou avaient introduit des armes de la même catégorie, saisies chez la cellule Bellirag. Elles étaient destinées au GIA en Algérie. En 1995, après la fusillade de l’hôtel Atlas Asni à Marrakech, un groupe dirigé par de jeunes beurs dont deux algériens, a été arrêté avec une quantité d’armes et de munitions. En 1985, des étudiants islamistes proches de Abdelkrim Moutti et la Chabiba Islamia comme Hakimi Belkacem et Oukil Mustapha, avaient été arrêtés avec des armes près d’Oujda. En 1983, un groupe dénommé «Assaraya» avait distribué des tracts virulents contre le régime. Ce groupe était dirigé par Mohamed Nakaoui et Abdelaziz Nouamani, qui a été cité comme l’instigateur de l’assassinat d’Omar Benjelloun. Nakaoui qui s’était enfui à l’étranger en 1981, avait réussi à retourner au Maroc clandestinement en 1989. Il a été arrêté dans le cadre du démantèlement de la cellule pierre Richard en 2002. Nouamani était derrière le groupe des moudjahiddines au Maroc.

Les services belges s’inquiètent

La Sûreté de l’État et le service de Renseignement civil qui s’occupent de la sécurité intérieure et extérieure en Belgique, sont confrontés actuellement à l’énigme Abdelkader Bellirag. L’homme a à son actif, un crime crapuleux commis contre l’imam Abdullah al-Ahdal, recteur du Centre islamique de Bruxelles. Ce dernier était connu en Belgique pour avoir une attitude modérée au sujet de Salman Rushdie, auteur des versets sataniques, qu’une fatwa de Khomeiny autorisait son assassinat. Il a été assassiné le 29 mars 1989 en compagnie de son bibliothécaire, Salem el Bahri. Le crime n’a jamais été élucidé par la police belge. Le 3 octobre 1989, le docteur Joseph Wybran, chef du service immunologie de l’hôpital universitaire Erasme, a été abattu, également, d’une balle tirée par un revolver de calibre 7,65. En décembre 1988, il avait été nommé président du Comité de coordination des organisations juives de Belgique. Il était aussi président du Comité Auschwitz. À la même époque, à Beyrouth, un communiqué signé par «Les soldats du droit», une organisation proche d’Abou Nidal, avait revendiqué l’assassinat. L’affaire Wybran ne fut jamais élucidée.
Selon le ministre de l’Intérieur, Chakib Benmoussa, Belliraj aurait commis en Belgique six meurtres de 1986 à 1989 et l’auteur de plusieurs braquages. Pour sa part, le Parquet fédéral belge a indiqué avoir reçu une note des autorités marocaines. Celle-ci ne faisait pas référence à des affaires précises. Abdelkader Belliraj n’était connu de la justice belge que pour des faits mineurs.Il n’était pas suspecté en Belgique de faire partie d’un réseau terroriste.
Les autorités judiciaires belges vérifient actuellement si les dossiers de meurtres et de braquages imputés par les autorités marocaines à Abdelkader Belliraj ne sont pas frappés par la prescription. «Même si ce délai de prescription devait être atteint, les investigations seraient poursuivies, car c’est le tribunal qui doit décider s’il y a réellement prescription», a fait savoir le porte-parole du Parquet Fédéral. Notamment, après que les policiers marocains auront fourni les éléments de preuve qui leur ont permis d’annoncer l’implication d’Abdelkader Belliraj dans les six meurtres en Belgique. C’est d’ailleurs dans ce sens, que les enquêteurs belges sont arrivés cette semaine au Maroc. Selon une source diplomatique, la Belgique suit de près le dossier Belliraj par l’intermédiaire du Commissaire divisionnaire Patrick Zenders, attaché à l’Ambassade de Belgique à Rabat, qui assure la coopération policière bilatérale, ainsi que le magistrat de liaison détaché auprès de l’Ambassade.
Après la présentation des prévenus devant la justice, les éléments seront transmis au parquet qui ouvrira une information judiciaire. Il faut rappeler qu’en Belgique, Belliraj n’est pas un inconnu, il s’est particulièrement distingué pour son militantisme chiite. Il avait aussi été auditionné, à l’époque, dans l’enquête sur le meurtre du recteur de la Grande mosquée, Abdullah al Ahdal. Faute de preuves, il avait été relâché.

De la clandestinité à l’action politique

Le 28 octobre 1981, l’Assemblée constitutive de l’option islamique a eu lieu à Rabat. Selon un membre fondateur: «l’organisation était un cadre pour la recherche d’une identité. Elle n’était ni révolutionnaire, ni réformiste. L’option de la clandestinité a été choisie pour échapper à l’infiltration des services. La priorité était d’œuvrer pour structurer l’organisation dans tout le Maroc». De 1981 à 1984, l’organisation clandestine choisit de diverses appellations pour créer la diversion. En 1984, l’option islamique organise un forcing au colloque «pensée et dialogue» pour médiatiser la question des détenus islamiques de la chabiba Islamiya. Après cette opération, l’option islamique publie la plate forme directive qui va jouer un grand rôle dans l’orientation idéologique du mouvement. De 1987 à 1990, l’organisation gèle ses activités. En 1990, à Tanger, se tenait le premier congrès de l’option islamique, qui adopte l’option d’un front large islamique et le choix de l’action légale et la fin de la clandestinité. En automne de la même année, le travail commence pour une union avec quatre composantes islamistes. Cette initiative avait conduit à la création du parti de l’Union et du Développement en 1992 sous la houlette de Lahcen Daoudi qui dirigeait l’association Addaawa à Fès. Plusieurs problèmes avaient fait échouer cette initiative. Parmi elles, le refus des autorités d’autoriser un parti à référentiel islamique. Le Roi Hassan II refusait toujours cette option. Selon un proche du docteur Khatib, en 1990, Abdelkrim Khatib avait demandé à Hassan II l’autorisation de créer un parti islamiste pour absorber la montée islamiste. Le Roi Hassan II lui aurait dit en substance :
«Allez plutôt constituer une zaouïa, ça sera mieux pour vous et pour le pays». En octobre 1992, l’option islamique tient son deuxième congrès à Fès. Une rencontre qui avait essayé de dépasser l’échec de l’union des composantes islamiques. L’organisation proposait alors quatre éléments pour sortir de la crise : une offensive médiatique par le biais de la publication du journal Al Jisr, grâce à la création d’une organisation estudiantine dans les universités, Talabat Al Mitaq; associative par la création de diverses associations culturelles dans chaque ville, et enfin politique par la constitution d’un parti politique avec l’objectif avoué de sortir de la clandestinité. Ce dernier point a été derrière la rupture entre Marwani et Moatassim. L’organisation arrive à réaliser trois des quatre objectifs, mais ne parvient pas à former un parti politique. La question de sa création avait constitué le point de divergence au sein de l’option islamique, ce qui ne tardera pas à créer la rupture entre Marwani et Moatassim.
Mais c’est au mois de novembre 1994, au cours du troisième congrès qui s’est tenu à Temara, que les divergences vont apparaître au grand jour. Plusieurs membres vont alors être expulsés de la direction, sans motif apparent, en août 1995. De l’avis d’une source proche du mouvement, la référence au chiisme était le motif essentiel de l’expulsion. Même si Al Badil Al Hadari est taxé de lien avec le chiisme, il reste plus intellectuel que religieux. Selon une source proche de ce courant, c’est la référence à des écrits de Hussein Fadallah comme son ouvrage à l’intitulé évocateur «l’état de l’Homme» qui a semé le trouble chez les observateurs de ce courant islamiste proche de la gauche. Alors qu’au contraire, la référence chiite avait plutôt contribué à modérer les positions tranchées de l’option islamique.
En octobre 1995, l’association Al Badil Alhadari voit le jour à Fès. En juillet
2000, elle tient sa première Assemblée constitutive sous le thème grandiloquent:
«Pour une organisation et un message digne». Depuis cette naissance, les autorités sont restées méfiantes envers eux. Le refus de délivrer le récépissé pour l’association est catégorique. En 2003, Al Badil Alhadari publie un communiqué, où il considère le refus des autorités comme une violation de la constitution qui porte préjudice à la crédibilité des institutions du pays. Malgré cette situation, Al Badil Alhadari participe en 2001 à la rédaction de «l’appel pour la démocratie» avec des composantes de la gauche. En mars 2002, Al Badil Alhadari participe à la création du «Pole démocratique» avec les mêmes composantes de la gauche radicale.

Les péripéties de la naissance du parti
Al Oumma


Au mois de juillet de la même année, Al Badil Alhadari dépose son dossier pour la constitution d’un parti politique qui porte le même nom. Les autorités refusent de délivrer le récépissé au nouveau parti comme pour son association. Une longue bataille pour la légalité voit le jour entre Al Badil et l’Etat d’une part et la gauche radicale d’autre part. Le 20 novembre 2004, Al Badil tient son congrès au siège du GSU (Gauche socialiste Unifié) à Casablanca après que les autorités de Casablanca leur aient interdit l’utilisation d’une salle publique. Le parti tient son congrès sous le signe «pour une citoyenneté complète» en présence de plusieurs personnalités de la gauche, notamment Driss Lachgar , Abdelhadi Boutaleb etc…
Le 23 avril 2005, le Conseil national du parti adopte «la bataille de la dignité» pour forcer le pouvoir à reconnaître le parti. La grève de la faim devant le Parlement est reportée. Un dialogue a été ouvert avec le ministère de l’Intérieur. En juin 2005, le parti obtient enfin le feu vert de l’ex-ministre de l’Intérieur, Mustpaha Sahel. Le 31 décembre 2005, le Conseil national du parti décide la dissolution de l’association Al Badil Alhadari. Un nouveau parti vient de naître.

Du mouvement pour la Nation au parti
Al Oumma


Le 3 novembre 2006, le Comité préparatoire du nouveau parti Al Oumma a déposé son dossier au ministère de l’Intérieur. Aucune réponse ne lui a été donnée. Mohamed Marwani, coordinateur du comité, considère alors que le délai de deux mois est passé et que le parti est conforme à la nouvelle disposition de la loi organisant les partis politiques. Cet avis n’est pas partagé par les autorités.
Pour entrer dans la légalité, Marwani et ses «frères» ont lancé, à travers un communiqué publié le 11 février, un appel au ministère de l’Intérieur. Ils réclament l’avis de conformité prévu par la loi. Mais, en vain. Ces péripéties rappellent la naissance, difficile, d’Al Badil Al Hadari.
Pour soutenir les fondateurs du parti Al Oumma, un comité a été constitué à Rabat le 29 mars 2007. Onze partis politiques y sont représentés, dont le parti de l’Istiqlal, Annahj Addimocrati, le PSU, le PJD. Le Syndicat de la presse (SNPM) y figure aux côtés du SNESUP et de six organisations de droits de l’Homme dont l’AMDH, le CMDH et l’OMDH. Le comité de soutien compte aussi des personnalités indépendantes.
Le parti Al Oumma est issu du Mouvement pour la Nation, constitué en 1998.

Al Oumma naît sans l’accord des autorités

Les fondateurs de ce mouvement sont eux-mêmes issus en majorité de l’option islamique et de la Chabiba Islamiya qui était dirigée par Abdelkrim Moutie dans les années soixante-dix.
Après le choix de «l’option islamique», les militants du Mouvement pour la Nation sont restés fidèles à leur référentiel islamique. Ils ont rédigé «Rissalat Al Bassira» qui reste leur texte fondateur. Vers la fin des années quatre-vingt-dix, nait l’idée de la participation politique chez le Mouvement pour la Nation. D’où ce virage, vers la création du parti Al Oumma. Ce parti se présente comme étant une organisation regroupant des cadres qui ont une vision moderniste du rôle que peut jouer l’islam dans la société. L’idée d’évoluer dans une société laïque ne les dérange pas. Leurs références sont l’islam, l’humanisme, la légalité, la démocratie et la renaissance.
Selon un membre du mouvement, avant la création du parti Al Oumma, ces membres avaient essayé de trouver un cadre existant comme le PJD, Al Badil Alhadari ou le Parti Renaissance et Vertu. Cette tentative avait échoué.
Le parti Al Oumma a tenu son congrès constitutif à Casablanca le 3 juin 2007. Prévu pour avoir lieu à Témara, le congrès s’est tenu finalement au siège du Parti Socialiste Unifié à Casablanca, après le refus des autorités de la ville de Temara. Les autorités locales de Témara avaient notifié au comité préparatoire du parti Al Oumma que la réunion serait illégale, étant donné qu’il ne dispose pas de l’avis réglementaire attestant de la conformité des conditions et démarches suivies pour la création du parti avec les dispositions de la loi sur les partis politiques. Les mêmes autorités ont signifié aux camarades de Mohamed Marwani, qu’ils ont la possibilité de saisir la justice. À l’issue du congrès, un Conseil national a été élu, ainsi qu’un secrétariat national et un secrétaire général du parti, Mohamed Marwani en l’occurrence. Une commission financière et une autre de l’arbitrage et de la discipline ont été formées conformément à la loi sur les partis politiques.
Le même jour de la tenue du congrès constitutif du parti Al Oumma, une mise au point du ministère de l’Intérieur avait annoncé que le parti Al Oumma : «n’a entrepris aucune démarche pouvant être inscrite dans le cadre de la procédure de création d’un parti politique, sinon il aurait reçu un récépissé, comme stipulé dans l’article 8 de la loi sur les partis politiques». Pour le ministère de l’Intérieur, le récépissé ne peut être considéré comme un agrément du parti, mais il ouvre seulement la voie devant la procédure de création, en cas de conformité du parti avec les lois en vigueur. Cette mise au point était en fait, une réaction à une déclaration de Mohamed Marwani à la presse et à la chaîne Al Jazeera où il a annoncé que sa formation a «l’intention de tenir son congrès constitutif, en dépit de l’absence d’une réponse claire de la part du ministère de l’Intérieur relative au dossier déposé il y a six mois». Les péripéties de la création du parti Al Oumma rappellent celles d’Annahj Addimocrati et d’Al Badil Al Hadari qui ont vécu le même bras de fer avec les autorités.




Abdelkader Bellirag
Un «terroriste» qui cherchait un cadre idéologique


C’est la grande énigme du dossier. L’homme a derrière lui un passé sulfureux. Selon une source bien informée, Bellirag est originaire de la région du Rif, né à la localité de Ihdaden. Il a très vite été attiré par les mouvements radicaux. Dans les années soixante-dix, il avait des relations avec Ila Amam, l’organisation marxiste léniniste. Selon la même source, c’est là où il avait fait la connaissance de Mustapha Moatassim, qui avait au début des convictions de gauche.Depuis 1982, Bellirag était pointé par les services à chaque entrée sur le territoire national, mais il n’avait fait l’objet d’aucune arrestation. En Belgique, il était connu pour ses liens avec des milieux du banditisme et de la falsification. L’homme dirigeait un réseau de trafic de documents et bénéficiait de complicité d’agents consulaires en Belgique. Il est connu à Nador pour être propriétaire d’un immeuble de trois étages sur le boulevard Abdelkrim Kettabi au centre ville. Selon une source proche du dossier, en 1993 et 2000, il avait réussi à rentrer des armes au Maroc. L’arme qui a été utilisée dans la tentative d’assassinat d’un juif Marocain à Casablanca en 1996, faisait partie de ce lot. En 2002, il a rencontré Ben Laden et des membres d’Al Qaida. En 2005 il avait eu des contacts avec des théoriciens de la Salafiya jihadia. Mardi dernier, la police belge a effectué une perquisition à son domicile. Les résultats de cette première perquisition en Belgique n’ont pas été communiqués. Les policiers n’ont pas négligé de fouiller le jardin à l’aide de détecteurs de métaux. La police cherchait essentiellement des notes et du matériel informatique.




Al Badil Alhadari
En attendant une décision de la justice!


Deux jour après la dissolution par le Premier ministre du parti Al Badil Alhadari, les autorités ont mis sous scellés, les locaux du parti à Casablanca, Rabat et dans d’autres villes. Les documents et les ordinateurs ont été saisis ainsi que les archives du journal Al Jisr publié dans les années 90. 24 heures après l’arrestation des deux dirigeants du parti, le secrétaire général adjoint, Mustapha Bourja, a publié un communiqué qui dénonce cette arrestation et qui demande à toutes les sensibilités politiques de se mobiliser pour contrer cette offensive contre la démocratie. Pour sa part, le Mouvement pour la nation a publié un communiqué où il appelle à la constitution d’un vaste front pour la défense des dirigeants islamistes arrêtés. Selon une source bien informée, la direction du parti a fait savoir aux militants dans tout le Maroc de ne pas entrer en conflit avec les autorités et de se conformer à la décision de la justice. Selon la même source, les militants d’Al Badil Alhadari, comptent recourir à la Chambre administrative de Rabat pour contester la dissolution du parti.


 

 

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