L’application de toutes les chartes du «Bon Citoyen» n’y peuvent pas grand-chose. Car les faits qui foisonnent, semblent devenir une règle quasi-générale de vie et de comportement en société. Une société où le quotidien devient agressif, le langage trivial et la violence du mépris atteint des sommets inégalés. C’est que le classique mépris entre riches et pauvres, a cédé le pas à une «haine» socialisée, où, de plus en plus de Marocains «ne s’aiment plus entre eux». Et personne n’est plus épargné par ce mépris galopant et redoutablement contagieux à grande échelle. Ni les familles en promenade, ni les ministres, les parlementaires, les personnalités de tous bords qui sont «démolies» au même titre que les gens ordinaires, qui font et défont la chronique. A les croire, hélas, nous sommes des «voleurs», des «vicieux», des «détraqués sexuels», des «mafieux», des «menteurs», des «corrompus», des «larbins», et j’en passe, car la liste méprisante et méprisable deviendrait trop fastidieuse. Tous les gouvernants et tous les gouvernés passent, sans distinction, à la casserole populaire du discrédit, de l’injure et de la vulgarité. Il faudra bien un jour instaurer une police des mœurs en attendant une éducation salutaire des générations montantes, car nos adultes ne s’y prennent plus au jeu de la bonne conduite.