| AUTONOMIE AU SAHARA : Washington soutient l'initiative marociane
L.B
16 Juillet 2007
|
|
Dédiée aux derniers développements, suite à un premier round de négociations directes entre le Maroc et le Polisario, la session des consultations sur le dossier du Sahara, abritée par le Conseil de sécurité de l’ONU, mercredi 11 juillet, fera certainement date. Et pour cause : les USA y ont, pour la première fois dans l’histoire du conflit, franchement soutenu le plan marocain.
 |
|
Jackie Sanders, ambassadrice des Etats-Unis à l’ONU. |
|
| |
Nous prenons acte à nouveau de la proposition marocaine (d’autonomie) présentée le 11 avril (...) et nous saluons les efforts sérieux et fiables du Maroc, pour faire avancer le processus vers une résolution». Les termes de Jackie Sanders, représentante des Etats-Unis aux Nations Unies, ne sauraient être plus clairs. Les Etats-Unis soutiennent le projet marocain d’autonomie pour le Sahara. Au cours d’un point de presse, tenu le jour même où Peter Van Walsum a présenté son exposé devant les membres du Conseil de Sécurité, Jackie Sanders s’est félicitée des premières négociations directes entre le Maroc et le Polisario qui se sont déroulées en juin, sous l’égide de l’ONU, dans une banlieue de New York et a émis l’espoir que «les nouvelles réunions entre les deux parties, prévues les 10 et 11 août à Manhasset, puissent être constructives». Un grand tournant, en fait, dans les annales du dossier, et dans les couloirs des Nations Unies. Les Etats-Unis ne font pas dans l’insinuation diplomatique, portés d’habitude sur l’ambivalence et que seuls les initiés peuvent en décortiquer les sens.
C’est la première fois, effectivement, que les Etats-Unis défendent sans ambages l’initiative marocaine d’autonomie au Sahara, présentée au mois d’avril dernier à l’ONU. Pour la première puissance mondiale, ladite initiative «respecte le principe de l’autodétermination». Par la voix de son ambassadrice adjointe auprès de l’ONU, Washington «conforte le Maroc dans ses choix». D’abord en faisant savoir «qu’une autonomie significative est la voie prometteuse et réaliste pour le règlement de la question du Sahara». Ensuite, en considérant que «l’initiative marocaine est flexible et qu’elle prévoit l’organisation d’un référendum, respectant le principe d’autodétermination». L’ambassadeur des Etats-Unis a déclaré devant la presse «qu’une autonomie significative constituerait un pas en avant réaliste et prometteur sur la question du Sahara». «L’initiative du Maroc pourrait fournir un cadre réaliste pour commencer les négociations sur un plan qui prévoirait une véritable autonomie, à condition qu’elle soit acceptée par les populations locales», a ajouté l’ambassadeur des Etats-Unis. Interrogée sur le fait que les Etats-Unis acceptaient «pour la première fois» la question de l’autonomie, elle a souligné «que cette question relevait des parties», tout en précisant que «nous soutenons un progrès» dans les négociations. Pour le Maroc, ce développement de taille n’est pas de nature à plaire à la partie adverse, certes. Mais, il marquera immanquablement de son sceau le cours du conflit. D’autant plus que la déclaration de Jackie Sanders vient couronner un processus diplomatique américain favorable au Maroc. Quelques semaines plus tôt, Gordon Gray, sous secrétaire d’Etat adjoint américain, chargé du Maghreb et du Moyen-Orient, avait souligné que «l’autodétermination ne signifie pas nécessairement indépendance».
Développement
Les Etats-Unis, faut-il le rappeler, avaient affirmé que «ce qui est essentiel à ce sujet, c’est de parvenir à une solution à cette question, selon une méthode qui tienne compte de l’autodétermination et que les deux parties jugent conforme à leurs intérêts». De sa part, Nicolas Burns, sous secrétaire d’Etat américain aux affaires politique avait qualifié l’initiative marocaine de «proposition sérieuse et crédible visant à octroyer une réelle autonomie au Sahara». Les termes mêmes que le rapport du secrétaire général des Nations Unies, avait fait siens quelques jours plus tard.
L’envoyé personnel du secrétaire général de l’ONU, Peter Van Walsum, avait lui-même reconnu, dans son rapport au mois d’avril dernier au conseil de sécurité, que le référendum n’était pas automatiquement synonyme d’indépendance. L’Envoyé personnel du Secrétaire général, Peter Van Walsum, avait présenté, mercredi 11 juillet, au Conseil de sécurité un exposé sur les négociations entre le Maroc et le Polisario, qualifiant de positive, la tenue d’une deuxième réunion, les 10 et 11 août prochain, à Long Island. Réitérant la réunion tenue au domaine Greentree Estate les 18 et 19 juin, l’exposé à huis clos de l’Envoyé personnel du Secrétaire général, Peter Van Walsum, rappelait également que s’il s’était «félicité du climat positif qui avait présidé aux négociations», «cela ne suffisait pas pour mener à bien un processus de négociations. Mais on peut dire qu’il s’est agi d’une première étape positive. Et on a déjà décidé d’une deuxième étape, puisqu’il y aura une autre réunion à Manhasset les 10 et 11 août», a-t-il ajouté.
Optimisme
Interrogé sur la suppression du rapport de trois paragraphes contenant des «observations et recommandations», qui a conduit à sa républication, Peter Van Walsum a souligné qu’il ne «fallait pas y voir plus qu’un problème de calendrier» et d’une décision d’être plus discret sur les négociations.
A la question de savoir s’il existait toujours sur la table deux projets «viables et légitimes» de la part de chaque partie, l’Envoyé personnel a souligné qu’en définitive «le Conseil de sécurité avait pris note des deux projets», et confirmé «qu’à Manhasset, les deux projets étaient sur la table». Le président du Conseil pour le mois en cours, l’ambassadeur de Chine, Guangya Wang, dont les propos ont été rapportés par la MAP, a fait part de son optimisme quant au bon déroulement de la seconde phase des négociations. Il a de même qualifié celles du premier round de «bon signe et de début d’un processus pour réduire les différences entre les parties pour trouver une solution à ce dossier».
Pour sa part, le Président français Nicolas Sarkozy a estimé qu’il est «grand temps de trouver une solution durable» au conflit du Sahara.
Des propos d’autant plus significatifs, que le Président français a adressé un réel démenti aux rumeurs colportées par les milieux pro-algériens. Nicolas Sarkozy a assuré qu’il n’existait pas «l’ombre d’une brouille» avec le Maroc, en affirmant en particulier que la position française, pro-marocaine, sur le conflit du Sahara n’avait pas changé. Et Sarkozy de préciser: «je l’ai d’ailleurs dit au Président algérien Abdelaziz Bouteflika».
Autant de soutiens et de bon sens, est en contraste réel avec l’état d’esprit de l’Algérie, effectivement acculée à la crispation.
|