Quatrième anniversaire des Attentats du 16 mai 2003 : Le combat continue
Youssef Chmirou
21 Mai 2007
Les prisonniers islamistes célèbrent, à leur manière, le quatrième triste anniversaire des attentats terroristes du 16 mai 2003, à Casablanca. Ils demandent leur libération sans condition et l’effacement des infractions pour lesquelles ils ont été inculpés. En clair, ils exigent une amnistie totale.
En avons-nous fini avec le terrorisme islamiste? On est tenté de dire “non”, puisqu’il y a eu des récidives terroristes, quatre années après les attentats du 16 mai 2003, à Casablanca. Et plus précisément entre les mois de mars et avril derniers au quartier El Farah et Bd Moulay Youssef où plusieurs kamikazes se sont bêtement explosés, créant ainsi une psychose qui n’a épargné personne. Le nettoyage sécuritaire qui s’en est suivi, environ 10.200 personnes interrogées entre le 16 mai 2003 et le mois d’avril 2007 (dont 4850 suspects arrêtés et présentés aux juridictions compétentes et 300 suspects acquittés), appuyé par une législation anti-terroriste d’exception (la loi 03.03), place ainsi le Maroc parmi les pays qui sont décidés à tout jamais de combattre la pieuvre islamiste avec tous les gardes fous imaginables en matière de droit de l’hommisme. Au jour d’aujourd’hui, la machine sécuritaire et l’instance judiciaire tournent toujours à plein régime. La vigilance ne se relâchera plus. L’exploitation de la religion à des fins politiques ne sera plus tolérée. L’utilisation des mosquées comme tribunes de propagation de la haine et de la violence, non plus. Les têtes pensantes, les prédicateurs zélés, les kamikazes de réserve, les membres des cellules dormantes, tous ces énergumènes qui appellent directement ou indirectement au meurtre sont pistés, interpellés, jugés et neutralisés. Les services de sécurité ont eu la main lourde et ils ont ratissé même un peu trop large. La police, tous corps confondus, la gendarmerie, les services de renseignements ( DAG, DGEG, DGST ) ont travaillé d’arrache-pied pour extirper le mal du terrorisme. Rien ne sera plus comme avant le 16 mai 2003. Un engagement sans faille de l’Etat sur le long terme, mais aussi une réelle volonté des sécuritaires pour éradiquer le danger du terrorisme.
Détecteur de mensonge
De l’autre côté, le revers de médaille, les islamistes incarcérés dans le cadre de la lutte anti-terroriste ne cessent de crier leur innocence et ne demandent pas moins que la révision de leurs procès. Dans un communiqué rendu public, via l’association Annassir, les prisonniers islamistes rappellent non seulement leurs positions quant aux attentats mais avancent de nouvelles revendications. Concernant les attentats du 16 mai, les détenus islamistes les ont qualifié «d’évènements-mystères» puisque, selon eux, les preuves n’ont pas été suffisantes, l’enquête criminelle n’a pas été bien ficelée. Il va donc sans dire que ces détenus s’estiment totalement innocents des faits qui leur ont été reprochés. Par ricochet, ils croient, dur comme fer, qu’ils ont fait l’objet d’une «manipulation» et que les jugements prononcés à leur encontre sont totalement infondés. À cet effet, ils demandent leur libération sans condition et l’effacement des infractions pour lesquelles ils ont été inculpés. En clair, ils exigent une amnistie totale. Un cri à décoder par le détecteur de mensonge, dans des laboratoires spécialisés, pour y déceler la part de vérité ; s’il y en a une.