Le directeur conservateur du parc naturel de l’Andalousie et acteur de la société civile espagnole, Antonio Pulido Pastor : « Le Maroc a beaucoup changé depuis l’avènement du Roi Mohammed VI »
Le directeur conservateur du parc naturel de l’Andalousie et acteur de la société civile espagnole, Antonio Pulido Pastor : « Le Maroc a beaucoup changé depuis l’avènement du Roi Mohammed VI »
Mohamed Laâmarti
08 Mai 2006
Lors de la visite de la délégation de la société civile espagnole au Maroc, La Gazette du Maroc a interviewé Antonio Pulido Pastor, acteur de la société civile dans le domaine de l’environnement et directeur du parc naturel du gouvernement d’Andalousie, sur plusieurs questions qui intéressent les deux pays et notamment les impressions de la société civile espagnole sur les changements économiques, politiques et sociaux au Maroc. Pulido représente une voix espagnole qui reconnaît les réalités des changements au Maroc et qui refuse toute exploitation de la presse espagnole visant à donner une mauvaise image du Maroc.
La Gazette du Maroc : Quelle évaluation faites-vous des relations entre les deux Royaumes ?
Je vois que la coopération est en train de s’accroître. En tant que responsable du département de l’environnement dans le gouvernement d’Andalousie, je remarque qu’il y a des projets communs entre l’Andalousie et le Maroc dans le nord du Royaume, sous l’égide de l’UNESCO, particulièrement au sein du département où je travaille, qui s’intéresse beaucoup à la région méditerranéenne comme l’Italie, la Grèce et le Maroc et, notamment, Marrakech.
En tant que membre de la société civile espagnole, comment voyez-vous la situation actuelle des échanges bilatéraux ?
Je vois qu’il y a une avancée dans tous les domaines de la coopération bilatérale depuis l’avènement du nouveau gouvernement socialiste dirigé par José Luis Rodriguez Zapatero.
Pourquoi l’Andalousie s’intéresse-t-elle au nord du Maroc plus que les autres régions ?
C’est une question de proximité. Sachant que l’approche historique et notamment les relations entre l’Andalousie et le nord du Maroc jusqu’à Fès ont donné une grande importance à cette région, mais cela n’empêche qu’il y ait une coopération excellente avec les régions de Marrakech et d’Essaouira.
La presse espagnole propage une mauvaise image du Maroc, focalisée sur trois axes : «Terrorisme, drogue et immigration clandestine». A votre avis, quel est l’impact de cette propagande sur les citoyens espagnols ?
Je pense que la presse en Espagne répond aux intérêts des groupes qui financent ces médias espagnols ; il y a des intérêts économiques et politiques. Nous sommes convaincus que les relations bilatérales maroco-espagnoles sont sur la bonne voie.
De toute façon, il reste à dire qu’une largepart de la presse espagnole a préféré, dans sa ligne éditoriale, ne point critiquer le Maroc sans avoir des preuves concrètes.
Quel est le rôle que peut jouer la société civile espagnole pour promouvoir le rapprochement entre les deux pays ?
Malheureusement, les événements terroristes du 11 Mars 2004 ont laissé des traces douloureuses, surtout qu’il y avait des suspects marocains dans cette affaire, ce qui a accentué les mauvaises impressions sur les Marocains, et c’est l’image que propage la presse espagnole. Sincèrement, je connais les Marocains, ils sont hospitaliers et modérés. C’est une image que j’ai vécue lors de ma visite au Maroc.
Que pensez-vous des réformes entreprises au Maroc ?
Franchement, pour moi et pour tous les membres de notre délégation, le Maroc a beaucoup changé depuis l’avènement du Roi Mohammed VI, et cela se manifeste depuis notre entrée par Bab Sebta.
A vrai dire, votre pays avance de bons pas vers un avenir prometteur ; il y a un changement remarquable dans les procédures administratives qui sont devenues plus rapides. Je pense que les Espagnols peuvent découvrir les réalités de ce pays voisin s’ils visitent le Maroc.
Ça sera une bonne initiative pour les deux pays ; d’abord pour les Espagnols qui vont corriger des informations erronées sur le Royaume et d’autre part, pour le Maroc qui, par là-même, ciblera un marché touristique très important, notamment la région andalouse. Je pense que les Marocains respirent, aujourd’hui, un air de liberté.