Le Premier ministre est décidé à ne pas quitter la primature, sans rendre des comptes chiffrés et tangibles sur les réalisations de son gouvernement début juillet sous la voûte bicamérale. Avec la conviction très nette d’avoir atteint les objectifs, dont plusieurs ont été dépassés, énoncés lors de la déclinaison du programme d’investiture de son équipe dirigeante. C’est que le Maroc aura pleinement vécu, à l’heure de Jettou, les plus grands chantiers d’infrastructures publiques de son histoire, qui ont totalement transformé la physionomie générale d’un pays devenu subitement ambitieux pour s’insérer résolument dans la dynamique des NPI (Nouveaux pays industrialisés) après avoir réussi à se muer en formation socioéconomique émergente. L’opinion publique retiendra également, qu’il a été l’accélérateur de l’Offshoring dans le Royaume, en propulsant sur les marchés internationaux un très ambitieux Plan Emergence qui lui doit beaucoup. Notamment, qu’il fût le pionnier dans la mise en place des fondements d’une nouvelle stratégie industrielle, sortie du «néant», visant à doper le PIB et créer des dizaines de milliers d’emplois. A propos d’emplois, Jettou s’est montré prolifique en initiant les guichets régionaux Moukawalati et le Programme Taahil au bénéfice des porteurs de projets et des créateurs d’entreprises. Et ce n’est pas tout, puisque le Premier ministre a mis un point d’honneur à concrétiser sur le terrain la couverture médicale des populations du terroir à travers ses trois formules, AMO, Inaya (pour les travailleurs indépendants et professions libérales) et le RAMED pour les indigents ou (économiquement faibles). Avec en prime, une extension du bénéfice de cette mesure révolutionnaire aux victimes des années de plomb, réhabilitées par l’IER. Il serait fastidieux d’énumérer un bilan très riche au crédit du premier des Ministres du gouvernement de Sa Majesté le Roi Mohammed VI. Mais plus que tout cela, Jettou s’est promis d’aller au-delà d’un bilan restrictif de son mandat, pour s’appliquer à tracer une «feuille de route» au prochain Exécutif, qui sera issu des législatives du 7 septembre 2007. Et l’une des dernières actions remarquables mises en œuvre avant un départ volontairement annoncé, c’est le lancement de l’opération d’envergure de formation de 10 000 travailleurs sociaux dans la foulée des...10 000 ingénieurs promis à l’horizon 2010. Jettou, un patriote intègre, un homme d’action politique et pragmatique, un grand cœur, pompier au besoin, estimé et écouté par les partenaires sociaux qui lui reconnaissent les accords historiques du 30 avril avec les syndicats, bref, Driss Jettou a marqué son territoire dans l’histoire moderne du Royaume et laissé des traces vivaces dans les esprits de nos citoyens qui ont redécouvert un Maroc en mouvement.