Malgré les pressions chinoises et les conseils de Moscou, le colonel Kadhafi a maintenu son invitation adressée au président Taïwanais pour visiter la Jamahiriya libyenne. Cette invitation a été transmise, il y a environ trois mois, par son fils Seïf al-Islam. En décidant de provoquer Pékin, le Chef de l’Etat libyen aurait voulu faire plaisir à Washington et de lui « arracher » un satisfecit. En d’autres termes, pousser cette dernière à lever ses pressions exercées contre son régime dans le domaine des droits de l’Homme et d’accepter de rayer définitivement le nom de la Libye de la liste des pays qui soutiennent le terrorisme. Selon le ministre des Affaires étrangères, Abderrahman Chalpham, son pays n’a pas de comptes à rendre à la Chine, répétant ce qu’avait dit l’ancien premier ministre, Chucri Ghanem, à l’ambassadeur de ce pays : «est-ce que la Chine avait demandé notre avis lorsqu’elle avait reconnu Israël ou bien lorsqu’elle lui avait acheté du matériel électronique militaire il y a quelque temps ?» Pékin, qui espérait décrocher les gros contrats portant sur la construction d’environ 50.000 logements en première étape, risquera de perdre ce marché au cas où elle aura une réaction négative envers Tripoli. Les Libyens attendent les Chinois au tournant d’autant qu’ils sont prêts à donner ce marché à une société américaine, une des filiales de Halliburton de Dick Cheney.