LÉGISLATION 2007 : Stratégie électorale à but gouverrnemental
L.B
09 Juillet 2007
C’est la première fois dans l’histoire contemporaine du pays, que la stratégie électorale occupe une place importante dans l’agenda partisan. Son aspect nettement plus aigu dans les esprits politiques, tire son origine des enjeux, communément admis comme cruciaux, des prochaines échéances. Au cœur des dispositifs établis par les états majors de la majorité, contenir une éventuelle percée islamiste à même de brouiller les cartes.
Tous les partis politiques lorgnent
Les choix de l’actuelle majorité semblent établis. Soucieux de rempiler, les états majors des partis, semblent d’accord pour former un bloc derrière le Premier ministre, Driss Jettou. D’une part, la majorité donne l’image d’une équipe bien dans ses souliers, et d’autre part, il y a lieu de croire que l’exercice initié par l’ancien Premier ministre, Abderrahman Youssoufi, de présenter un bilan devant le Parlement, est de nature à cimenter, les alliances pour l’avenir. Sommes-nous, donc, devant une stratégie de continuité sans faille ? Loin s’en faut! La place, que chacun prétendra, dépendra de ses chances sur l’échiquier électoral.
Pour le Parti socialiste de Mohamed Elyazghi, l’enjeu est de ratisser large, et pourquoi pas, revenir avec un score à même de «faciliter le respect de la méthodologie démocratique», chère aux amis du ministre de l’environnement. Effectivement, depuis que le Souverain a clairement annoncé qu’il appelle de ses vœux une carte politique saine, propice au dégagement d’une majorité forte et homogène, les espoirs sont permis. D’autant plus que c’est le Souverain qui a lui-même tranché là-dessus.
La rivalité entre le PI et l’USFP, qui a autrefois coûté la Primature aux deux partis issus du mouvement national, s’est, paraît-il, calmée. Laissant la place à une coordination, apparemment fructueuse, tant il est vrai que les démarches communes, de la question de l’autonomie à la réactualisation de la charte de la Koutla, se répètent et se ressemblent. Les deux frères ennemis se sont résignés à accepter le verdict des urnes, et partant, se plier à la Vox Populi. Plus : dans les circonscriptions où les chances de chacun des trois partis de la koutla (PI, USFP et PPS) ne sont pas encourageantes, les partis se sont accordés à présenter un candidat commun.
Vox Populi
Pour la forme, ou pour la symbolique. Les alliances électorales n’accoucheront pas de listes communes entre les trois composantes du Bloc. On est loin du principe : le mode de scrutin proportionnel ne permet pas une telle stratégie. L’opportunité ou non d’une liste commune ne peut se décider qu’en fonction des chances à trois dans chacune des circonstances.
A y voir de plus prés, la Koutla insiste à donner l’impression qu’elle est unie, pour le meilleur et pour le pire. Reste la stratégie du PPS, le petit poucet du bloc : Lassé de jouer la cinquième roue, le parti de Moulay Ismail Alaoui aspire à une place beaucoup plus enviable. La stratégie se résume en un chiffre : un million de voix !
Rumeurs
Pour les autres composantes, les dés aussi sont jetés : Le RNI, rajeuni et revigoré, aura selon toute vraisemblance, tendance à se départir de l’habit que lui a taillé son rôle d’équilibre. La qualité de ses rapports avec tout le spectre politique du pays aiguisera, sans doute, son appétit et donc sa volonté de mener les hommes de l’exécutif prochain.
Les rumeurs selon lesquelles Driss Jettou penche vers le parti de la colombe, et la main tendue du président du parti Mustapha Mansouri, sont de nature à lever un peu le voile sur les desseins intimes des Bleus. Le Mouvement populaire, lui, a une revanche : les socialistes et les istiqlaliens sont des ennemis traditionnels, même si la réconciliation nationale a eu un effet apaisant, et il serait que légitime que les amis de Aherdane occupent le maroquin de la Primature après le passage d’un socialiste, Abderrahman Youssoufi. Ajouter à cela que l’Istiqlal et même l’USFP, ne trouvent pas de mal à lui «grignoter» quelques notables.
Pour mieux se positionner, l’UMP est condamné à chasser sur les terrains de ses alliés et faire en sorte que les ruraux restent ses fidèles. Il aura certainement besoin d’un peu de hargne contre l’équipe de la majorité, sans couper les ponts !
Le PJD ? Pour les amis de Saâd Eddine El Othmani, le rêve, chèrement caressé un certain moment, de conduire une équipe gouvernementale, est plus hypothétique que jamais. Il faut certainement une main divine pour changer la tendance, surtout depuis que le torchon brûle entre lui et … le parti de l’Istiqlal, son compagnon de route, allié de circonstance en 2002. Alors? Le parti islamiste va se contenter, probablement, d’améliorer son score, en attendant des jours meilleurs !