Le parti de l’Istiqlal a entamé le choix de ses candidats pour les législatives de 2007. Le parti a établi une charte pour la désignation des têtes de liste. Une manière démocratique d’évaluer les chances de chacun.
Abbas El Fassi, secrétaire général du parti de l’Istiqlal.
Le parti de l’Istiqlal en a, incontestablement, surpris plus d’un. Abbas El Fassi, le secrétaire général, a tenu sa parole. Les candidats qui représenteront le parti lors des législatives de 2007, seront choisis selon des critères démocratiques. Une première au sein du parti conservateur. Ce sont les conseils provinciaux de chaque région, qui ont la charge de définir les 95 listes, qui couvriront la totalité des circonscriptions. Un modèle a été défini pour évaluer chaque candidature. Des critères comme l’âge, le niveau scolaire, le militantisme au sein du parti et les responsabilités partisanes déterminent le plus apte à être en tête de liste.
Chaque membre du parti a le droit de déposer sa candidature. Un processus démocratique irréversible. De plus, l’évaluation permettra aux jeunes d’accéder aux élections. Dans les critères de candidatures, l’âge reste un élément déterminant. Pour permettre aux jeunes d’avoir une chance de représenter le parti, l’Istiqlal a doté ce facteur de coefficient important.
Dès que les conseils provinciaux déterminent les candidats, après que le vote des militants valident les listes, un comité de candidature, présidé par Abdelwahed El Fassi, entérine les listes de l’Istiqlal. Le comité exécutif, instance suprême du parti, n’intervient que pour donner un avis. Il ne peut pas parachuter quelqu’un en tête de liste sans l’aval et le vote des militants.
À ce jour, 35 circonscriptions ont, déjà, été tranchées. Les cadors du parti tels que Hassan Abdelkhaleq se présentera dans son fief de Taourirt, Chabat quant à lui, est en tête de liste à Fès, Yasmina Badou a été reconduite à Anfa. Le ministre de l’Habitat, Toufiq Hjira, ne compte pas se présenter. Par contre son frère conduira la liste de l’Istiqlal à Oujda. Mais la grande surprise, n’est autre que la candidature du golden boy, Ismaïl Douiri, à Aïn Sebaâ. Même si le vieux Abderrazak Afilal cherche à présenter son fils, le parti préfère que la liste de l’Istiqlal soit conduite par le jeune banquier. Fils de M’hamed Douiri, il a toutes les chances de remporter ce siège. Il est clair que l’Istiqlal cherche à renouveler ses élites. L’expérience Karim Ghellab, Toufiq Hjira et Adil Douiri, a été bien accueillie par les militants. D’ailleurs, le ministre du Transport se présentera à Casablanca; quant au ministre du tourisme, la messe n’est pas encore dite. Mais le parti aura un grand problème à gérer. Le cas M’Hamed El Khalifa. Très contesté à Marrakech par les militants du parti, il lui sera difficile d’être reconduit. Pour le comité exécutif et le secrétaire général, les militants trancheront. Mais, lors d’une conférence de presse organisée, le 3 mai à Rabat, Abbas Al Fassi a fortement exprimé son soutien à M’Hamed El Khalifa en espérant que les militants le désignent. Il a, également, rappelé que Zahoud ne se présentera pas. Le secrétaire général de l’Istiqlal a affirmé que le parti a reçu 591 candidatures, pour les têtes de listes, dont 25 femmes. Quant à la liste nationale, 48 candidates se sont manifestées. Le comité exécutif n’a, cependant, pas tranché les critères du classement de la liste nationale.
Le parti d’Abbas El Fassi cherche à réaliser un très bon score dans les provinces du sud. À ce sujet, toutes les listes ont été définies. L’Istiqlal a mis en avant des personnalités connues, telles que le frère de Khali Hanna Ould Rachid, président du Corcas. Globalement, les dirigeants de l’Istiqlal pensent pouvoir réaliser un très bon score en 2007. «Si les élections se passent dans un climat serein, nous pourrons être la première force politique du pays. Plusieurs facteurs laissent présager cela. Le rassemblement des mouvements populaires et les problèmes que vit le RNI. L’Istiqlal a plus de 1500 bureaux et sera présent partout, en septembre prochain», explique Abedallah Beqali, membre du comité exécutif du parti. Et d’ajouter, «les alliances se feront après les élections». Une approche qui a été nuancée par le secrétaire général lors de sa conférence de presse. Abbas El Fassi pense qu’il est possible de trouver un compromis au sein de la Koutla Démocratique. Avec le PPS et l’USFP, il est possible de proposer des listes communes. Concernant les derniers sondages, les dirigeants de l’Istiqlal sont formels. Ces chiffres ne reflètent pas la réalité. Pour eux, leur parti a toutes les chances d’être la première force politique du pays. Abbas El Fassi cherche à positionner son parti avant le prochain congrès. Avec un bilan positif lors des élections législatives, il peut espérer être maintenu à son poste, même si le règlement intérieur ne le lui permet pas. Si l’Istiqlal est la première force politique du pays, Abbas El Fassi peut espérer la Primature ou du moins la présidence de la première Chambre. Une sortie honorable, avant de passer la main, à un plus jeune. Quelle que soit l’issue des élections, l’Istiqlal a démontré une vraie volonté de démocratie interne. Une dynamique qui permettra à des jeunes d’accéder à des responsabilités importantes au sein du parti. Un renouvellement des élites, facteur de réussite politique.