L’ancien détenu du Polisario Mohamed Bahi Mohamed Ahmed
En 1968 déjà, il avait été longtemps emprisonné à Dar El Mokri à Rabat , par l’homme fort de l’époque, le Général Oufkir ministre de l’Intérieur, pour avoir participé à la création du fameux Mouvement d’avant-garde sahraoui aux côtés de Mohamed Bassir, qui avait notamment dirigé avec quelques jeunes activistes sahraouis, le mouvement de révolte déclenché en 1970 au Sahara encore sous occupation espagnole.
En 1975 il avait accompagné la délégation de l’ONU chargée d’établir un rapport sur la situation au Sahara au lendemain de la Marche Verte et qui s’est rendue respectivement au Maroc, en Algérie et Mauritanie ainsi que dans les provinces du Sahara toujours occupé.
La même année, il sera l’inspirateur du discours Royal historique, le premier du genre que feu Hassan II, avait adressé le 21 octobre 1975 spécialement aux citoyens sahraouis, quelques jours à peine après celui du 16 octobre annonçant l’organisation de la marche-verte.
Il participe également à la Marche verte en tant que journaliste du quotidien Al Anbaa organe officiel du ministère marocain de l’Information (aujourd’hui Communication ).
En 1979/80, envoyé officiellement par les autorités marocaines, il avait visité les camps du polisario à Tindouf où il avait tenté une médiation entre le Maroc et le Polisario. Mais en 1986, il sera piégé par les services de renseignement algériens qui vont l’arrêter et le remettre au Polisario sous l’accusation de " tentative d’assassinat contre le chef du Polisario Mohamed Abdelaziz";
Dix années plus tard, il regagne le Maroc en 1996 et depuis, il a présenté plus de 50 conférences-exposés dans les diffèrentes régions du Maroc, de Tanger à Lagouira et édita uine bonne dizaine de livres consacrés spécialement à la défense la cause nationale.
Dans les foulée, il adressa une dizaine de lettres à plusieurs organismes internationaux humanitaires de défense des droits de l’homme où il s’est notamment employé à dénoncer les pratiques du Polisario et ses violations flagrantes des principes les plus élemerntaires des droits de l’homme ainsi que les sévices dont sont victimes aussi bien les citoyens sahraouis séquestrés que les centaines de soldats marocains détenus dans les geôles du Polisario.
Dans le cadre de ses démarches de sensibilisation de l’opinion publique internationale, il s’est notamment rendu en Belgique, en France, en Espagne ainsi qu’au Koweit où il a été décoré du Wissam des prisonniers de guerre. Il sera à l’origine de l’idée d’accorder des passeports aux citoyens marocains ralliés. Mohamed Bahi a également présenté un exposé sur le même thème devant le Chef de la révolution libyenne le Colonel Mouammar Kadhafi.
Sans aucun soutien étatique ou autre, Il continue d’éditer périodiquement une revue magazine sous le nom de "Saguiet El Hamra" (Rio de Oro )
Issu la Tribu des Reguibat El Bouihat dont est également issu un certain Omar El Hadrami et qui représente près de 80 % des populations séquestrées à Tindouf, Mohamed Bahi est aujourd’hui exposé à l’expulsion de la maison qu’il loue à 3000 Dh/mois située au quartier " Ribat " édifié par le ministère de l’Intérieur du temps du puissant ministre d’Etat Driss Basri. Pourtant plusieurs journalistes marocains ont pu bénéficier d’appartements dans ce quartier et avec le consentement du ministre de l’intérieur : l’ancien ministre Mohamed Aujjar , les journalistes Jamal Hajjam de "l’Opinion" , Bouchaib Debbar d’ "Al Mithaq Al Watani", Thami Benazzouz d "Assahra" et tant d’autres. Un cas édifiant qui explique le désenchantement qui gagne jusqu’aux Sahraouis les plus attachés à la marocanité du Sahara.