Mohamed Chafiq ne parle pas aux journalistes, pour raison d’amazighité !
Lamine Belarbi
04 Avril 2008
Le racisme est mal. Mohamed Chafiq n’aime pas le racisme. Donc, Mohamed Chafiq est un homme bien. Déduction digne d’un socratique comme moi. Seulement voilà, il y a toujours un mais. Ce «mais», est capital, mes amis. Faisons les présentations d’abord : Mohamed Chafiq, l’ancien recteur de l’Ircam, est le père fondateur de l’amazighité. Conceptuellement, s’entend. Il en est fier et on le comprend. Les faits, ensuite : l’hebdomadaire Al Wattane, très convaincu de la notoriété, voire de l’autorité de notre recteur bien aimé, a pris contact avec lui. But, somme toute journalistique : s’entretenir avec lui au sujet de l’amazighité. Normal, bigrement normal. Les choses se sont cependant vite corsées : prenant d’assaut le pauvre collègue qui l’a contacté, il traite toutes les tendances post-coloniales de racistes. Précision de taille : «il y avait une volonté politique marocaine, preuve à l’appui, pour marginaliser l’amazigh». Bon, il se peut. Cerise sur le gâteau : «derrière tout cela, une idéologie du Machrec raciste, visant l’épuration ethnique des amazighs»! Rien que cela, messieurs ! Le collègue, toujours flegme devant le héros en colère, essaie de placer un mot. Mal lui en pris, car il en prendra pour son grade de journaliste insolent : «T’es amazigh toi ?» lui intime le recteur. Non rétorque-t-il. «Alors là, je vous dis pas ce que cela lui a valu. Une tirade à la Sarkozy mes amis ! D’abord» : Toi t’es des autres». Les autres ? «L’autre rive». Ensuite : «Je vais arrêter l’entretien». Mot de la fin : «Je ne parle pas à un journaliste qui n’est pas amazigh, moi». La suite ou le sens en filigrane, vous l’aurez deviné : «dégage, pauvre c….»! La première conclusion, non socratique cette fois : Mohamed Chafiq ne parle pas aux journalistes qui ne sont pas amazighs. Donc, il n’est raciste qu’avec les autres ! Ensuite : Le racisme, comme le sexisme, commence par la généralisation. Donc par la bêtise ! Troisième conclusion : il est monstrueux de croire que les autres sont haïssables parce qu’ils ne sont pas comme nous. Ils ont déjà cet handicap !
La conclusion finale, celle de Guy Bedos, l’humoriste : «le temps n’étant plus aux idées simples, il n’est pas interdit d’être intelligent !»