Question sans arrière-pensée : ne serait-il pas plus indiqué de s’occuper prioritairement des «Partielles» plutôt que de parler, pour la cinquième année consécutive, «d’Intégrales» en matière de marketing d’attractivité du Maroc pour les Investissements ? Si bien que, jusqu’à présent, et de l’avis des observateurs, toutes les embûches dans le parcours du combattant promoteur d’affaires ne sont, justement pas encore… intégrales. C’est d’ailleurs le sens profond du Message Royal prononcé par le Premier ministre Abbas El Fassi à la rencontre de Skhirat de la semaine dernière. En effet, le Souverain n’a-t-il pas, avec un esprit de perspicacité et d’a propos dont les décideurs institutionnels en charge du secteur devront en retenir les leçons, qu’il «Nous est agréable de Nous adresser, une nouvelle fois, aux Intégrales de l’Investissement qui constituent une occasion propice pour réaffirmer Notre volonté constante de lever tous les obstacles à la promotion de l’investissement, pour mesurer les progrès réalisés et entrevoir les perspectives futures dans ce domaine». Naturellement, l’opinion publique est suffisamment au fait des initiatives du chef de l’Etat pour savoir que les plus grands investissements extérieurs et les plus grands chantiers engagés dans le pays sont le fait de l’implication personnelle et directe du Souverain. Tandis que la chaîne hiérarchique des gouvernants et décideurs ne sont guère en mesure d’exciper un bilan personnel ou sectoriel susceptible de soutenir la comparaison ? Mais le plus grave, c’est que si les actions «d’économie concrète» à l’instar de Tanger-Med et de l’aménagement du Bouregreg avancent à pas sûrs, les acteurs institutionnels et économiques continuent de se rencontrer au Palais des congrès de la station balnéaire sur la corniche atlantique sans décliner d’une stratégie susceptible d’asseoir définitivement l’attractivité du Royaume aux yeux des investisseurs étrangers. Y compris ceux de nos concitoyens expatriés qui, justement, ont ravi la «vedette» de ce colloque alors que tout le monde sait que les MRE sont souvent «maltraités» dans leurs intentions d’affaires au sein de leur ville ou localité d’origine. Au motif simple que toutes les entraves, objectives et subjectives, réglementaires, bureaucratiques et procédurières sont loin d’être toujours levées. D’aucuns, témoins à la rencontre n’ont pas hésité à faire preuve de pessimisme sur ce terrain-là pour la capacité des organisateurs à «rapatrier» massivement les investissements des Marocains du monde. A tout le mieux, a-t-on confié ci et là, nos protagonistes «intégralistes» ont su prodiguer des «prescriptions» et des «recommandations» que susciter des engagements concrets ou des promesses soutenues de la diaspora marocaine vivant dans leur pays d’accueil d’investir dans leur fief d’origine. Des MRE qui, pourtant, occupent les tous premiers postes dans le transfert des devises avec le tourisme, secteur clé du plan Emergence et les recettes phosphatières. A telle enseigne que la bonne volonté de ces derniers, malgré les tentatives de leur ancien ministère ad hoc d’organiser des rencontres annuelles baptisées «La Journée de l’émigré», cède de plus en plus face aux blocages et tracas de toutes sortes pour s’en aller chercher de meilleures opportunités ailleurs qu’au Maroc. Il aura fallu l’initiative Royale de fraîche date annonçant la création d’un Conseil supérieur de l’Immigration pour espérer réconcilier les Marocains du monde avec la cause du développement socioéconomique de leur pays d’origine. Comme nous sommes en droit d’attendre des retombées significatives du projet en cours de gestation à la primature de création d’une Agence de promotion des investissements en charge d’encourager la mise en place de réseaux de compétences dans les pays d’accueil et qu’Abbas El Fassi mettra un point d’honneur à concrétiser dans les délais les plus raisonnables. En exploitant, à bon escient, le climat général favorable aux affaires et en suivant personnellement et directement les projets d’investissements à travers la commission interministérielle que le Premier ministre coiffe et qui vient de signer son premier lot s’élevant à plusieurs milliards de dirhams générant des dizaines des milliers d’emplois nouveaux. Comme le contexte est aussi propice après la visite sur nos terres du ministre de l’Immigration de l’Hexagone au cours de laquelle Brice Hortefeux a lancé un véritable appel à la pleine expression des compétences et des talents de nos compatriotes expatriés, tant dans leur terre d’origine que dans le pays d’accueil. Quant aux Intégrales de l’Investissement dont la récurrence abstraite annuelle commence à pomper l’air autour de leurs organisateurs, le pragmatisme et l’efficacité ne semblent pas être leur fort, du moins pour l’instant. Sinon, comment comprendre qu’au bout de tant de lustres, et d’autant de forums coûteux et logistiquement lourds, un Hassan Bernoussi, pour ne pas le nommer, en charge du portefeuille des investissements extérieurs depuis de longues années, en soit réduit à s’interroger, à l’issue de l’évaluation de la session qui se termine, s’il faudra opérer continuer à maintenir le concept «Intégrales» ou opter pour une démarche innovante. C’est tout dire sur l’impact de «spectacles» auxquels tout le monde croyait vraiment avant d’être amèrement déçu au vu des maigres résultats obtenus.