Comme des centaines de millions de gens, j’ai suivi l’hommage rendu à Michael Jackson. On ne peut qu’être frappé par les commentaires des plateaux des télés françaises, décidément très touchées par le virus de la presse people. Michael Jackson est assurément l’un des artistes les plus importants de notre époque, il a su transcender les nouvelles technologies, celles d’avant l’Internet, et les mettre au service de son art. Mais les commentateurs ont préféré s’attacher à l’aspect torturé de l’homme. L’accusation de pédophilie revenait toutes les cinq minutes. Or l’enfant qui l’avait accusé lors du premier procès et dont le père avait touché 20 millions de dollars, a reconnu une fois adulte, qu’il avait menti sur ordre de son géniteur. Quant aux deux autres, il y a eu procès et le Roi de la pop avait été blanchi. Ces deux faits ne sont jamais rappelés par les spécialistes des chaînes, qui ont préféré maintenir la suspicion au-delà de la mort et continuer leur travail de destruction. Car Jackson avait même fait une chanson et un clip pour demander à ce qu’on le laisse vivre, en vain. Il était donc naturel que lors de l’hommage qui lui était rendu, ses proches rappellent qu’il a beaucoup souffert de ces attaques de presse.
Cela a chauffé les charognards qui ont qualifié tout l’hommage, dans une réaction de corps qui en dit long sur l’image qu’ils ont de leur profession, de simple « règlement de compte ». Ils ont dès lors déclaré que l’événement était raté, décevant et que le show que les fans attendaient, n’avaient pas eu lieu. Bien que démentis par l’émotion ressentie aux quatre coins de la planète, ils continuent leur œuvre de démolition.
C’est un comportement indigne qui tend à se généraliser. Chaque fois qu’un homme s’élève par son talent, et donc par le bonheur qu’il procure aux autres, ces charognards vont chercher dans les poubelles ou les draps d’alcôve les moyens d’avilir le rêve. Ils représentent la pire des faiblesses humaines ; l’envie, la détestation de la réussite des autres. Malheureusement, ils règnent en maîtres sur une partie de la presse parce que le public est voyeur.