ATLANTA SANAD EN BOURSE : Une compagnie très rentable et une action peu chère
Mar Bassine Ndiaye
29 2007
Le ballet des introductions de grosses capitalisations est relancé. Atlanta rejoint la cote de la bourse des valeurs de Casablanca, le 16 octobre prochain. Mais dès le lundi 1er de ce mois, la souscription est ouverte. Tout le monde s’attend à une réussite similaire à celle de la CGI, mais sur des bases nettement plus saines. Atlanta est en effet une compagnie très rentable et sa valorisation s’est faite sur des bases mesurées.
Siège de la Sanad à Casablanca.
Après que le mois d’août a été celui de la CGI, octobre sera très probablement celui d’Atlanta. En effet, le dixième mois s’ouvre avec la période de souscription des actions de la quatrième compagnie d’Assurance du pays, à savoir Atlanta-Sanad. Les questions récurrentes que se posent les investisseurs et spéculateurs lors de toute introduction reviennent. Quel est le potentiel de croissance de l’action, notamment dès les premières semaines de cotation ? En d’autres termes, combien peut-on gagner ? Mais avant cette question fondamentale, les boursicoteurs ainsi que les gros investisseurs se demandent aujourd’hui quel serait le taux de satisfaction. Il est impossible d’y répondre avec précision, mais paradoxalement tout le monde a sa propre idée. Le titre Holmarcom devrait enregistrer une très forte croissance. Concernant le potentiel de croissance, il est simplement énorme. Il s’agit avant tout d’une prophétie auto-réalisatrice. Cela dépasse la simple spéculation et c’est désormais une vérité statistique établie de façon empirique par l’évolution d’Addoha et confirmée par toutes les introductions qui ont suivi depuis juillet 2006. La dernière en date est la CGI qui est fraîche dans les mémoires. Il reste le taux de satisfaction attendue à travers une telle opération. L’offre de souscription portant sur un total d’un peu plus d’un million d’actions donne lieu à cinq types d’ordre possibles. Les deux premiers ne concernent pas le grand public, étant donné qu’ils sont réservés respectivement aux employés titulaires et aux courtiers ou agents des compagnies d’assurance Atlanta et sa filiale Sanad détenue à 99,4%. Sur le million de titres offert dans l’opération d’introduction, les salariés et intermédiaires de la compagnie s’accaparent respectivement 15 et 9% représentant un total de plus de 241.000 actions. Il reste donc 76% du capital qui ira dans les portefeuilles de valeurs du grand public, des entreprises et des investisseurs institutionnels, à travers les trois autres types d’ordre. Ainsi, le type d’ordre III est réservé aux personnes physiques ou morales exprimant des ordres en dessous d’un million de dirhams. Au-delà de cette somme et jusqu’à 10 millions de dirhams, les souscripteurs seront servis dans le type d’ordre quatre. Ces deux derniers bénéficient du même nombre d’actions, soit 20% de la quantité totale offerte, correspondant à 200.000 actions environs. Enfin, le cinquième type d’ordre bénéfice des 36% restant est destiné aux investisseurs qui désirent acquérir plus de 100576 actions. Comme lors des précédentes introductions, les actions du type d’ordre trois sont réparties de manière itérative. Cela correspond pratiquement à diviser le nombre d’actions par le nombre de souscripteurs. Le reste de la division est servi aux investisseurs ayant demandé le plus d’actions. Si l’on se base sur l’introduction de la CGI pour laquelle, le type d’ordre III avait totalisé 32.500 souscripteurs qui risquent tous de revenir. Cela voudrait dire que chaque souscripteur de l’opération Atlanta Sanad aurait entre 6 et 7 actions, sauf s’il en demandait moins. Au prix de 1200 dirhams, il serait presque inutile de bloquer plus de 8400 dirhams.
1050 et 1200
pour l’action
Quant au type d’ordre trois et quatre, la règle d’attribution se fait au prorata. Cela veut dire, que plus le pouvoir financier du demandeur est important, plus il a de chances d’avoir le maximum des titres demandés. Mais, lors de la récente introduction de la CGI, les résultats de l’attribution ont été impressionnants. Le taux de satisfaction pour les ordres IV et V n’ont été que de 0,46 et 0,64% seulement. Avec cette souscription également, il est impossible d’en espérer davantage. Cependant, pour les investisseurs à long terme, la question du gain dans le court terme se pose avec moins d’acuité que celle de la rentabilité de l’entreprise à long terme. Mais l’action vaut-elle aujourd’hui son prix ? Telle est la vraie question que les investisseurs devraient se poser. Théoriquement, Il faudra débourser entre 1050 et 1200 dirhams pour pouvoir l’acquérir, puisqu’il s’agit d’une offre à prix ouvert (OPO). Cependant, cela veut dire que les mieux-disant seront les premiers servis. Mais là aussi une autre vérité, toujours établie par les statistiques, veut que le prix définitif soit le haut de la fourchette, c’est-à-dire 1200 dirhams. À ce niveau, c’est l’évaluation qui parle d’elle-même, grâce à ses trois méthodes d’évaluation que sont celles des comparables boursiers et des cash-flows actualisés et celle des anglo-saxons. L’ensemble de ces méthodes recourent à des hypothèses qui dépendent en bonne partie de l’appréciation des évaluateurs. Mais ici, force est de constater qu’ils ont fait preuve de beaucoup de prudence. Par exemple, le taux d’actualisation retenu est de 11,12% et le taux de croissance à l’infini des flux de trésorerie retenu n’est de 3%, ce qui reste pourtant inférieur à la croissance moyenne du secteur de l’assurance durant les deux dernières décennies. Et le potentiel important autorise à revoir ce chiffre légèrement à la hausse. Mieux encore, l’évaluation par les comparables boursiers s’est effectuée en référence à Wafa Assurance et la Marocaine-vie qui sont des valeurs beaucoup moins chères que la moyenne de la bourse des valeurs. En effet, elles présentent un Price earning ratio (PER) de 19,5 contre 24,6 pour le marché. L’application du PER du marché aurait abouti à une valorisation qui serait supérieure à 3 milliards, soit 40% à la capitalisation définitive retenue. Concernant la rentabilité, il y a lieu de constater que les compagnies Atlanta Sanad sont parmi les plus rentables du secteur. Quand, en 2007, la Wafa Assurance devrait dégager un résultat de 380 millions de dirhams, grâce à 2,9 milliards de dirhams de primes collectées, Atlanta affiche un bénéfice prévisionnel de 420 millions de dirhams, grâce à un chiffre d’affaires 30% moins important. Cette différence s’explique en partie grâce au positionnement de sa filiale Sanad dans l’assurance non vie qui est autrement plus rentable.
A titre d’exemple, le taux de sinistralité est de 65% pour la branche non-vie contre 94% pour les produits vie. Atlanta Sanad est une référence dans le domaine des produits appelés de technologie de pointe, comme l’assurance maritime, et les gros risques. C’est ce qui explique qu’elle est l’assureur du raffineur Samir et également de la Comanav.
Il n’empêche que les produits vie, affichent une croissance souvent beaucoup plus importante, au Maroc comme dans le reste du monde. Mais, Atlanta voit son retard sur la branche-vie comme son principal atout, puisque le potentiel de croissance y est plus important.